Christel Houangnin: L’artiste aux multiples talents

 Christel Houangnin: L’artiste aux multiples talents

Depuis quelques années, le monde culturel en l’occurrence celui des arts plastiques au Bénin compte en son sein, un jeune artiste plasticien. Il s’agit de Christel Houangnin. Spécialiste de la récupération, « Christland » comme il aime affectueusement s’appeler est un véritable homme « touche à toi ».

N’allez pas chercher dans les archives des écoles d’art pour tenter de retrouver un quelconque lien entre Christel Houangnin et l’art plastique. Tout a commencé à Abomey sur le tas, pendant les grandes vacances scolaires. Le jeune écolier a encore en mémoire les images de ses grands frères « récupérateurs » des boites de conserve vides pour fabriquer des jouets notamment des véhicules, des vélos. Ce fut un véritable coup de foudre artistique et le début d’un réel intérêt pour l’art en particulier la récupération.

En classe de 5ème année, pendant les vacances à l’église Sacré-Cœur, le jeune Christel prend part pour la première fois à un atelier de formation sur la décoration au moyen des allumettes. Une formation qui renforce les aptitudes du jeune amoureux de l’art. Aussitôt, il excelle dans la fabrication des cadres-photos et autres. Mieux, au CEG Gbégamey, il décide de mieux s’intéresser au dessin à travers les cahiers de choix, les tableaux d’affichage.

Un artiste « touche à tout »

Dans sa recherche d’expérience et de renforcement de capacités, Christel fait la rencontre d’un artiste plasticien Francis Awoyo. Ce dernier l’invite à s’intéresser à la peinture acrylique. Une spécialité artistique très écologique. 

Mais l’artiste ne s’arrête pas dans sa quête de savoir. Passé par l’atelier Chief, il fait la connaissance de la sérigraphie et de la photographie. On était en pleine réconciliation des deux  » Allemagne « . L’inspiration a été orientée et guidée par ce fait historique. Logiquement, cette formation a été sanctionnée par une exposition sur la chute du mur de Berlin. Une initiative couronnée de succès.  

Après l’atelier Chief, toujours animé par la soif de découvrir de nouvelles sensations artistiques, le jeune artiste décide de s’intéresser à la sculpture. L’atelier de l’artiste plasticien Congolais FARYA sis à Houéyiho lui tend la main. Dans cet atelier, Christel reconnait qu’il en a appris beaucoup. Outre, la sculpture, il s’essaye avec succès à la stafferie. Grâce à ses talents et son abnégation, il est recruté par la Société DEO GRACIAS en tant qu’agent décorateur. Véritable pièce maitrise des cérémonies de mariage.

Après avoir décroché son BEPC au Ceg 1 de Ouidah en 2001, il s’oriente vers la botanique. «Je suis amoureux des plantes et leur thérapie », se confie-t-il. Pour son apprentissage dans ce domaine, il rejoint le professeur Aguessy à l’Institut de développement et d’échanges endogènes (IDEE) à Ouidah. « Cette incursion dans le monde des plantes m’a énormément servi », reconnait-il. Pour cause, Christel continue de profiter des multiples connaissances reçues  de l’IDEE.

Tout se transforme

Dans la conception de Christel, tout se transforme. De divers plastiques issus de la consommation jetés dans la nature aux différents objets négligeables, Christel récupère et transforme tout. Autant il est capable de réaliser des tableaux d’art, des veilleuses, des abajoues, des porte-bijoux, des portes stylos ou  encore des meubles avec des pneus récupérés, autant il sculpte diverses représentations avec admiration. Des créations qui lui ont permis de participer à la Réactualisation de la Convention d’Abidjan relative à la protection des côtes, des mers et des eaux intérieurs de l’Afrique organisé par le ministère de l’environnement en juin 2014.

Les ambitions

Comme tout homme, Christel ne manque d’ambitions. Sûr de ses talents d’artistes, il veut reconstruire son atelier à AKASSATO pour « mieux travailler et exposer ses œuvres » afin de vivre de son art. Pour l’instant, il continuera à réaliser ses œuvres et à les vendre même de bureau en bureau. « Avec le contexte socio-économique, il faut sortir des quatre murs pour pouvoir s’en sortir », affirme-t-il, tout en reconnaissant que cette alternative n’est pas aussi fructueuse.

Quand on lui parle de financement de l’Etat, il sourit du coin de la bouche et affirme qu’il n’a jamais bénéficié d’une aide d’une structure étatique. « Une fois, j’ai déposé un dossier au Ministère de petites et moyennes entreprises », se souvient le détenteur d’un BAG G3 décroché en 2009. Malgré ses quinze années passées dans le monde de l’art plastique, le dossier est resté sans suite.

A Christel, ne parler point pas de l’aide d’une association. « Au Bénin les artistes plasticiens ne sont pas organisés ». Toutefois, il reconnait que si ceux-ci l’étaient, « le monde artistique allait mieux se porter ». 

R. KEKELY

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