Célébration de la fête du Christ Roi à Cotonou : La tradition respectée

 Célébration de la fête du Christ Roi à Cotonou : La tradition respectée

Les fidèles catholiques ont célébré la fête du Christ Roi dimanche 20 novembre 2022 à Cotonou par leur traditionnelle procession. Ils ont par des louanges, des cris de joies et des prières, proclamé l’universalité de la royauté du Seigneur Jésus Christ.

Cette fête du Christ Roi coïncide avec le dernier dimanche de l’année liturgique. A l’église catholique Sainte Rita de Cotonou, le curé Père Pamphile Fanou a demandé aux chrétiens de véhiculer partout l’amour de Dieu et du prochain. En se basant sur les explications du Pape François, il a convié les fidèles à s’enrichir de Lectures qui explicitent le sens et l’objet de la célébration. « Cette célébration nous donne l’occasion de revenir sur l’année écoulée pour nous demander si et comment le Christ a mieux régné dans nos vies et nous relance pour une nouvelle année », a-t-il indiqué. A l’en croire en faisant toujours référence aux paroles du Pape François, il martèle que la liturgie nous donne à contempler Jésus en croix exerçant sa royauté au profit du bon larron qui l’implore : « Jésus, fils de David, est venu apporter la paix. Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature et le premier-né d’entre les morts. Il a en tout la primauté, car Il a voulu tout réconcilier en faisant la paix par le sang de la croix ».

Pour terminer son homélie, Il a aussi demandé de rester en union de prière pour que les prochaines élections législatives se passent dans la quiétude et la paix.

Dans l’après-midi, la traditionnelle procession s’est déroulée cette année dans l’enceinte de la paroisse.

D’où vient la solennité du Christ-Roi ?

Pie XI a instauré cette fête liturgique en 1925. Il y avait une implication, d’après lavie.fr,un présupposé politique à cette création : Pie XI voulait inscrire la primauté du Christ au double plan social et politique. On parlait même de « Royauté sociale de Notre Seigneur ». Ainsi, le pape souhaitait rappeler que la religion n’est pas qu’une affaire privée. Dans la société post-révolutionnaire de l’époque, voulant se démarquer de la religion, on cherchait à neutraliser l’Église pour qu’elle ne s’immisce pas dans les affaires politiques.  Pour le pape, les sociétés ne peuvent alors être pleinement humaines qu’en étant pleinement chrétiennes.

Pie XI réaffirme alors que si la religion n’organise pas la société – en cela, il y a bien distinction des sphères religieuse et politique –, le Christ ne cesse pas de contribuer à la rénovation de la société. Le christianisme a pour vocation d’informer de l’intérieur les sociétés humaines, de contribuer à leurs élévations dans tous ses aspects. Pour le pape, les sociétés ne peuvent alors être pleinement humaines qu’en étant pleinement chrétiennes car les valeurs religieuses peuvent et doivent pénétrer la société humaine et politique. Il s’inscrit d’ailleurs dans la continuité de son prédécesseur, dont la devise papale était « Restaurer toutes choses dans le Christ » (« Instaurare Omnia in Christo »).

Pourtant, cette fête est aussi marquée idéologiquement…

En effet, la décision de Pie XI est contemporaine de la mise en place de l’Action catholique, d’après la même source, qu’a beaucoup encouragée le pape. La fête du Christ-Roi est un moyen de remettre en ordre les rapports du spirituel et du temporel mais cela ne peut l’être qu’avec le Christ au centre. Si le pape ne précise pas les modalités pratiques de ce recentrage – République, monarchie… – il envoie un signal fort en 1926, quand il condamne l’Action Française qui est accusé d’avoir instrumentalisé le christianisme dans la sphère politique.

Cette fête avait lieu en octobre mais aujourd’hui, elle clôt l’année liturgique. D’où vient ce changement ?

C’est après Vatican II que Paul VI déplace la date. Pendant la réforme liturgique post-conciliaire, on le presse d’abandonner cette fête liturgique très récente : elle n’était pas traditionnelle… Mais le pape en fait le point final de la vie liturgique qui ouvre à une nouvelle année : il a voulu la « dés-idéologiser » pour lui donner toute sa mesure spirituelle et authentiquement biblique. La réforme de Paul VI a ainsi mis au jour de manière éclatante le sens chrétien, religieux, théologique de cette fête.

Véronique GBEWOLO (Stag)

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