Electrophorèse: Un test qui s’impose

 Electrophorèse: Un test qui s’impose

L’évolution de la médecine permet aujourd’hui aux personnes désireuses de s’unir, de faire un test de compatibilité. Ce, pour faire face au mal lié à la drépanocytose qui est légion.

Permettant d’établir le lien de comptabilité chez deux sujets ayant fait le choix de se mettre ensemble, l’électrophorèse est aujourd’hui un moyen pour prévenir le mal génétique et héréditaire qu’est la drépanocytose. Selon le rapport d’une étude menée par un groupe de chercheurs béninois sur la fréquence et l’évolution des urgences drépanocytaires dans le service des maladies du sang du Centre National Hospitalier Universitaire-Hubert Koutoukou Maga de Cotonou (CNHU-HKM), entre janvier 2014 et décembre 2015 sur les 813 personnes hospitalisées, 204 cas ont été confirmées comme des urgences drépanocytaires. Toujours d’après al même étude, il a été démontré que les sujets les plus atteints étaient âgés entre 20 et 30 ans (The pan Africain Medical Journal). Lors de sa  59ème Assemblée générale de la santé tenue en 2006, l’Organisation mondiale de la santé a estimé à plus de 200.000 le nombre d’enfants qui naissent drépanocytaire chaque année.  

Ces différents chiffres ne sont que la preuve d’une prévalence tardive de la maladie due à la négligence des tests d’électrophorèse. « Si chaque personne peut prendre conscience de l’importance du test d’électrophorèse, cela sera très utile pour tout un chacun», confie une sage-femme tout en faisant savoir que la négligence de certaines personnes vis-à-vis de ce test est due au manque d’information. « Aujourd’hui la médecine connait une évolution et permet d’éviter certaines maladies génétiques dont la drépanocytose. C’est pourquoi, il est important de faire un test de l’électrophorèse afin de savoir la bonne combinaison. Mais le manque d’information chez certains font en sorte qu’ils se lancent dans la procréation sans savoir si le conjoint est compatible ou non. Au niveau de notre centre de santé, nous passons l’information aux jeunes filles pour qu’elles puissent à leur tour informer leurs conjoints. Nous disons oui à l’amour mais il ne faudrait pas que cet amour compromette la vie de la progéniture ».

C’est pourquoi pour éviter ces genres de situation, certains responsables religieux exigent aux fiancés de faire le test avant de s’unir.  « Nous ne pouvons pas mettre en danger la vie de nos disciples, raison pour laquelle dès l’annonce du mariage, nous demandons un certain nombre de tests dont celui de l’électrophorèse qui pour nous est très important », explique le Révérend pasteur Hounguè Joël. « L’une des conséquences de cette exigence médicale, certains couples sont obligés de se reconstituer quand la compatibilité n’est pas établie. C’est dommage mais c’est important » indique ce serviteur de Dieu.

Certaines personnes toujours….

Dans le rang des citoyens béninois, les positions restent partager puisque pour certains, il le faut mais pour d’autres, cela n’a aucune grande importance. « Je ne peux pas risquer la vie de mes enfants pour cela j’ai toujours exigé un test. Je suis AS donc je me dois de faire attention pour ne pas mettre au monde rien que des enfants malades», affirme Estelle la trentaine.  Pour Gustave, « Il est important de se faire dépister et d’avoir une idée du statut de sa conjointe ».

Par contre Sandra ne veut pas se rendre à l’évidence. La jeune fille est catégorique. Pour elle, pas question de faire quoi que ce soit. « Si je ne traine pas de maladie jusqu’à présent, c’est que je suis bien portante.  Je ne pense pas que mon conjoint soit atteint de la drépanocytose non plus » clame innocemment cette dernière. Une position qui n’est tout de même pas fondée quand on sait que la maladie peut ne pas se manifester bien qu’elle se trouve dans les gènes du sujet. Une sensibilisation doit être faite pour informer chacun de l’importance de l’électrophorèse aussi bien dans les centres urbains que dans les campagnes.  

Firmin KASSAGA

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