Retrait du droit de grève : Onde de choc chez les syndicalistes

 Retrait du droit de grève : Onde de choc chez les syndicalistes

La colère monte à crever le cœur des travailleurs béninois après les déclarations du Chef de l’Etat Patrice Talon face aux investisseurs du MEDEF le 30 août 2022 à Paris. Les membres de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) n’ont pas mâché leurs mots le mercredi 07 septembre 2022 à la Bourse du Travail à Cotonou. Nagnini Kassa Mampo, entouré de quelques camarades des syndicats affiliés à la CSTB, a fait un point de presse. Occasion pour le SG de revenir sur les propos de Patrice Talon.

Depuis les déclarations de Patrice Talon du 30 août 2022, le SG/CSTB dit avoir reçu beaucoup de coups de fil des travailleurs du Bénin, des responsables des travailleurs de l’Afrique et d’autres continents qui ont protesté. D’entrée Nagnini Kassa Mampo a rappelé quelques extraits de la déclaration du Chef de l’Etat qui affirmait entre autres que le Bénin est devenu une oasis pour les entrepreneurs, les syndicalistes se sont sentis humiliés. En dehors de ces propos, les syndicalistes s’insurgent contre notamment un pan particulier du speech de Patrice Talon. Celui lié à la suppression du droit et de grève ou sa limitation chez d’autres. Selon le président Patrice Talon, la décision du retrait du droit de grève fut prise après des menaces d’un syndicaliste. Le Secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats de la santé dit ne pas se reconnaître dans cette allégation du président de la République. A l’en croire, la rencontre avec le Chef de l’Etat s’était déroulée dans une ambiance cordiale et rien ne présageait d’échanges houleux. « A aucun moment il n’y a pas eu de situation conflictuelle. Nous étions sortis de la rencontre confiant. Il n’y avait pas du tout une situation qui pouvait amener les syndicats de la santé à dire dès qu’il y aura plus de morts on allait faire fléchir le Chef de l’État » a déclaré Soulé Salako à la presse pour rejeter la responsabilité du retrait du droit de grève aux travailleurs du secteur de la santé.

Dans ses propos Nagnini Kassa Mampo a d’ailleurs rappelé l’indignation du Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) a dénoncé les propos du président Patrice Talon. « Rien ne remplace les négociations collectives dans les rapports que l’employeur doit avoir avec les travailleurs » a dit Kassa Mampo citant Gilbert Houngbo, Directeur général de l’OIT avant de conclure « Quel que soit alpha on ne peut pas légiférer contre les travailleurs pour leur supprimer le droit de grève ».

Et au syndicaliste de s’appuyer sur un rapport de l’OIT datant de 2021 pour qualifier d’inadmissible les lois votées entre temps. « Les travailleurs vont en grève parce qu’ils ne veulent pas de morts dans les hôpitaux. Ils vont en grève pour l’amélioration du plateau technique… », a rappelé le Secrétaire du plus représentatif des forces syndicales au Bénin. Pour Nagnini Kassa Mampo, ces déclarations ont tendance à présenter les agents de la santé comme des criminels alors qu’ils ne demandent que l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Pour finir, il a invité tous ses camarades travailleurs à se mobiliser pour une grève générale qui sera lancée très prochainement.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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