Programme des candidats : Peu de stratégies de financement

 Programme des candidats : Peu de stratégies de financement

Les trois duos candidats à l’élection présidentielle qui a lieu le 11 avril prochain ont tous une même préoccupation : faire du Bénin une nation économiquement prospère et débarrassée du chômage des jeunes. La lecture de leurs programmes de société laisse entrevoir de nobles intentions mais dont la faisabilité reste à démontrer.

Patrice Talon, le président sortant et candidat à sa propre succession a élaboré un programme qui est une continuité des actions posées durant son quinquennat qui s’achève. Parfois, il s’agit aussi des promesses faites il y a cinq ans et qui n’ont pas été tenue. Le candidat s’engage cette fois-ci à honorer celles-ci s’il venait à renouveler son mandat.  Qu’il s’agisse des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’emploi ou des autres secteurs de l’économie béninoise, le duo Talon-Talata promet faire mieux que durant les cinq dernières années afin de placer le pays sur les rails du développement.

Pour rendre crédible ses promesses de mieux faire, Patrice Talon déjà expérimenté dans la gestion des affaires publiques et sa colistière ont dit comment ils  pensent  financer les actions énumérées dans leur programme. « Sur les 5 dernières années, grâce aux différentes réformes mises en œuvre par le Gouvernement, d’importants progrès ont été enregistrés dans la mobilisation des ressources domestiques », peut-on lire à la page 50 dudit programme.

Pour les cinq prochaines années, promet le duo, la stratégie de mobilisation des fonds se déclinera en 3 axes majeurs à savoir : « i) la sécurisation du recouvrement des recettes budgétaires à travers le renforcement des actions de dématérialisation ; ii) l’élargissement de la base imposable et la promotion du civisme fiscal ; (iii) la mise en place d’instruments innovants de mobilisation et d’optimisation de l’épargne nationale ». 

« A cet effet, au nombre des grandes réformes prévues pour les 5 prochaines années, on peut citer 1. Le renforcement des synergies d’actions entre les régies financières  2. La poursuite des initiatives en matière de dématérialisation des services et des procédures au niveau de toutes les régies financières 3. L’extension des services publics au profit des acteurs informels et la mise en place d’une fiscalité adaptée aux activités du secteur agricole 4. Le développement des activités de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin », précise le document-programme.

Pour leur part, les candidats FCBE, à savoir Alassane Djimba et Paul Hounkpè, n’ont pas indiqué, de façon claire, comment ils financeront les actions qu’ils ont listées dans leur programme de société. Ils ont cependant promis « une   répartition   équitable   des   ressources   disponibles… la  promotion  de  nouvelles  filières porteuses pour les exportations » et l’amélioration de « l’assiette fiscale ». 

Dans le secteur de l’éducation, Corentin Kohoué et Irénée Agossa, le troisième duo en compétition pour l’élection présidentielle, promet de « recruter du personnel enseignant qualifié et en quantité suffisante pour améliorer les ratios élèves/enseignants », d’une part et, de l’autre, ils s’engagent à « réaliser des infrastructures notamment des modules de salles de classes, blocs administratifs, des laboratoires et bibliothèques très bien équipés ».

Concernant la santé, le projet de société de ce duo est le plus alléchant tant il promet de faire du Bénin un pays qui offre les services sanitaires les plus enviables. Entre autres mesures, il s’agira de « construire de grands hôpitaux et les équiper avec du matériel sanitaire de dernière génération ; de réhabiliter et bien équiper toutes les formations sanitaires publiques existantes afin d’assurer une meilleure couverture nationale aux soins de santé ; et de veiller à la réalité de la gratuité des actes et des soins sanitaires, accordée par l’Etat au profit de certaines catégories de la population ».

Mais comment parvenir à rendre effectives toutes ces promesses ? Les secteurs de l’éducation et de la santé regroupent l’essentiel des fonctionnaires. Toute initiative qui les touche a des incidences financières lourdes pour l’Etat. La question du financement du projet de société de ce duo rien que pour ce secteur est donc essentielle.

Pourtant, les candidats de « Restaurer la Confiance » n’ont pourtant pas dit comment ils financeraient toutes ces initiatives, du reste importantes à la fois pour ces corporations et pour toute la population.

Il est vrai que, s’ils venaient à être interpelés, Kohoué et Agossa peuvent rétorquer qu’ils ont leur stratégie tout autant que les autres candidats.

Pierre MATCHOUDO

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