Professionnalisation du football : De charybde en scylla.

 Professionnalisation du football : De charybde en scylla.

Siège FBF

S’il est une actualité qu’on ne saurait passer sous silence, en cette veille de retour officiel à la compétition des Écureuils contre les Crocodiles du Lesotho, c’est bien l’organisation des prochains championnats nationaux de football pour acter la mise en route de la création des sociétés sportives, symbole si besoin en est, de l’entrée officielle de notre pays dans l’ère du professionnalisme. À cette fin, il est projeté, l’organisation d’un championnat à 40 équipes, réunissant à la fois des anciens et de nouveaux clubs. La compétition va se dérouler dans 4 zones géographiques du pays, à raison de 10 clubs par zone. Comme d’habitude, l’Atlantique et le Littoral vont se tailler la part du lion puisque représentant une zone. Les autres zones sont configurées ainsi qu’il suit : zone Centre-ouest (Mono – Couffo -Zou), zone Centre-est (Collines – Ouémé-Plateau) et zone Nord ( Atacora-Donga-Borgou-Alibori). À la fin, sort identique pour toutes les zones, avec l’accession des 4 premiers en 1ère division, les 4 suivants vont en 2ème division puis les deux derniers de la classe en 3ème division.

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Pour une formule, mode d’emploi de la mise en œuvre de la professionnalisation de notre football que tout le monde appelle de ses vœux, c’en est pas une. Il faut le dire sans détours. Le souci d’équité ne peut être synonyme d’égalitarisme tout autant que le souci d’équilibre ne saurait être synonyme d’équilibrisme. Le sport en général et le football en particulier sont des phénomènes profondément sociologiques, historiques, politiques, culturels, voire cultuels basés sur la performance et l’adhésion populaire avant de devenir aujourd’hui objets d’économie et de marketing. C’est pourquoi, on a pas besoin d’un référendum pour savoir que la place des Requins de l’Atlantique est dans l’élite car le classique Requins vs Dragons manque au football. Dans le centre, les Caïmans du Zou restent dans le subconscient des fans. Au Nord, les mythiques Lions de l’Atacora pour les populations qu’ils représentaient manquent à l’appel pour pimenter les chauds derbies Lions vs Buffles, ou Lions vs Panthères. Une chose est évidente dans le foot de haut niveau, on ne peut mettre sur le même piédestal, un club qui vient à peine de naître et un club qui existe déjà avec un vécu.

Le résultat en football est tributaire de plusieurs ingrédients au nombre desquels la forme du moment. Imaginons les cadors de notre football en petite forme, surtout dans ce contexte du Covid où l’on ne voit rien venir par ici, se retrouver dans le ventre mou du classement après la compétition sus mentionnée. Ils  se retrouveront de fait au bas de l’échelle. Quel progrès on aurait réalisé si on n’a pas les Dragons, les Buffles, les Requins, les Panthères, Tonnerre, Jeunesse Sportive de Pobè,  USS Kraké,… dans l’élite ? Avoir que des newcomers pour quel lien ombilical ? Et pour quels résultats ? En clair on ne saurait sacrifier les acquis du terrain, les acquis sportifs sur l’autel de critères peu lisibles et peu intelligibles pour le commun des passionnés de foot.

Capitaliser la volonté politique, capitaliser la construction tous azimuts des infrastructures, capitaliser la vague de succès des Écureuils, de Esae Fc à la coupe CAF passe par la méthode, une méthode clinique, froide loin de tout narcissisme, et qui se décline volet par volet dans le temps et dans le respect des valeurs du football. Autrement, la désillusion sera à la hauteur des espoirs nourris par cette aube nouvelle annoncée à pas rigides de notre football. C’est notre vue.

Ouorou-Asso BABERI

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