Période de fête: Liquidation des produits, le piège

 Période de fête: Liquidation des produits, le piège

A quelques jours des fêtes de fin d’année, les marchés du Bénin se teintent déjà aux couleurs déjà de la liquidation. Moment propice pour les commerçants de faire de bonnes affaires. Malheureusement la maladie et la mort circulent aussi sur certains étalages.

Les prix des articles sont en fête. En effet, les bonnes dames n’ont pas attendu le début du dernier mois (décembre) pour exposer les produits de fêtes. Dame Agathe, très tôt le matin a déjà exposé ses articles. D’une voix douce et de sa main droite elle fit appel à une cliente en langue du milieu « Grande sœur venez m’offrir mon cadeau pour les fêtes. Il y a tout pour les fêtes, acheter en même temps vous aidera ». Comme pour attirer la cliente, elle lança à une autre personne : « Venez grande sœur, les prix sont revus et abordables nous avons déjà desserré les ceintures ».  Plus loin, Géneviève en congés d’obtention de son diplôme en couture est aux côtés de sa maman pour lui porter un coup de main. Ce jour, elle est là plutôt pour sortir les différents lots de boissons alcoolisées ou non, en canette ou en plastique. Fièrement et avec un sourire, elle laisse entendre que « les fêtes sont devant nous. Je suis en congés. Je profite donc de ce temps en venant aider ma mère dans son commerce surtout qu’elle a une nouvelle marchandise ».  Outre ces vendeuses organisées et immobiles dans les différents marchés, on peut voir dans des plateaux reposés sur la tête de quelques vendeuses ambulantes avec les mêmes produits. Les prix chez ces dernières ont aussi été réduits à cause de la période. Comme constaté chez ces revendeuses, la fête s’annonce déjà belle pourvu que les clients soient au rendez-vous.  Mais la qualité desdits produits reste la grande inquiétude.

L’inquiétude

Le grand problème de cette période est la qualité et surtout la date de péremption des produits déversés sur le marché. Des boîtes de sardines, des compotes de tomate, des pâtes alimentaires sont vendues à vil prix. Pour vite écouler les dits produits impropres à la consommation, les vendeuses ou revendeuses ont une stratégie qui consiste à effacer les références des dates d’expiration pour que le client ne se doute de rien. Et souvent on attend en fon dans nos marchés « Gbadjo, gbadjo, gbadjo » ce qui signifie tout le monde peut se payer. Les produits dignes d’être de bonne qualité peuvent être vendus à des prix aussi réduits ? Non, répond Valentin Daho électricien rencontré au marché de Comè. Il se justifie en affirmant «La promotion répond à un certain nombre de normes. Un produit vendu initialement à 600 FCFA ne peut être revendu en cette période à 300 FCFA. C’est suspect ». Suspect, c’est ce que pense aussi dame Elizabeth G.,  la cinquantaine, mère de famille et usagère du marché de Cococodji. Pour cette dame cinquantenaire, « Il faut en ces temps beaucoup faire attention aux produits mis en ventes. On parle de promotion et de liquidation mais tout cela reste suspect. Soit les produits sont contrefaits ou ont une date d’expiration dépassée ou très proche. Il faut faire vraiment attention ou même éviter ces produits à coûts réduits mais pas bien à consommer ». Elle ajoute que « Les conditions de conservation de ces produits ne sont mêmes bonnes. De plus, ils sont exposés au soleil ». Yvette C. dit « maman Ro  » est revendeuse ambulante rencontrée dans le marché de Saint Michel de Cotonou elle trouve qu’ « il n’y a aucun danger. Les produits ne sont pas contrefaits ni avariés ». Elle tente de se justifier en indiquant sur l’une des boites de conserve la date de péremption qui n’excède pas un mois. Quant aux produits dont les dates ne sont plus lisibles elle affirme « Nous prenons ces produits chez les grossistes au marché Dantokpa et c’est comme ça ». Plus loin, on entend la voix d’une jeune fille  criant le nom et le coût du produit posé sur sa tête. Interpeler par un acheteur, elle se fait aider par ce dernier qui lui demande à nouveau le prix « Trois à 900 FCFA » laisse-t-elle entendre en langue Fon.

La fatalité, la poésie du monde

Les coûts inquiétants, la qualité douteuse mais les produits sont appréciés. Dame Elizabeth G. pense que « le Béninois aime ce qui est moins cher et ne tient pas compte de la qualité ». Elle prend pour exemple le drame d’il y a quelques années à Tori Avamè « Il y a quelques années à Tori, nous avons vu ce qui s’est passé avec des gens qui ont risqué leur vie pour des produits avariés. C’est de l’incivisme. Nous ne faisons pas attention à ce que nous consommons surtout en période de fêtes où le plus important c’est d’acheter et consommer, ce qui est dommage », se désole-t-elle.  Situation identique au marché international Dantokpa. Les produits vivriers restent à l’honneur et circulent sur la tête des revendeuses. On parle de liquidation. Les grossistes aussi, font leurs chiffres d’affaires. Chez les clients, les plus vigilants font attention aux notices, les moins méfiants s’en procurent dans l’espoir d’honorer aux festins de fin d’année.  La ristourne est inquiétante et dangereuse pourvu que la fête se déroule bien.

La Rédaction

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