Elections législatives de janvier 2023 : Pour que la fête soit belle…

 Elections législatives de janvier 2023 : Pour que la fête soit belle…

Pour le président de la République, les élections législatives du 8 janvier prochain, « seront, j’en suis convaincu, l’occasion d’une belle fête à l’issue de laquelle le seul vrai gagnant sera, une fois encore, le Bénin ». Ces propos ont été tenus le 8 décembre 2022 dans l’enceinte du Parlement à Porto Novo à l’occasion du traditionnel discours à la Nation. L’optimisme qui s’en dégage s’explique par les expériences passées.

En effet, les dernières élections, notamment les législatives de 2019 et la présidentielle de 2021, ont été teintées de violence ayant conduit à des pertes en vies humaines. Jamais auparavant depuis le retour de la démocratie en 1990, pareils événements n’avaient été enregistrés dans la vie politique béninoise. Les contestations s’expliquent en grande partie par l’exclusion, en 2019, de l’opposition d’un scrutin à l’issue duquel un parlement entièrement acquis au chef de l’Etat a été installé. En 2021, le président qui briguait son second mandat s’est retrouvé en face des candidats que d’aucuns ont estimé être des faire-valoir, les candidats qui comptent ayant été arrêtés.

Cette fois, la donne est différente. L’ensemble des forces politiques enregistrées sont alignées, le parti se réclamant de la vraie opposition ayant été sauvé in extremis par la Cour constitutionnelle. Dans ces conditions, les élections promettent d’être une « belle fête » comme auparavant.

Toutefois, pour que cela soit une fête réellement inclusive, il reste encore à lever certains goulots d’étranglement. Au nombre de ceux-ci, il y a le déroulement sans anicroche du vote, le décompte et la compilation des bulletins. Alors que les élections étaient organisées par une commission autonome, cette fois, c’est un organe administratif qui s’en charge. Surpasser des intérêts partisans est donc un exercice à faire par les membres de cet organe pour permettre aux Béninois de retrouver leur fierté. Il est vrai que, pour l’opposition, la participation à ce scrutin est déjà une victoire en soi qui mérite d’être célébrée à la fin du processus électoral, surtout si elle en sort avec un nombre appréciable d’élus.

Dans la même optique, le chef de l’Etat pourrait libérer les opposants encore en prison, au nombre desquelles Joël Aïvo et Reckya Madougou, ex-candidats à l’élection présidentielle, détenus depuis 2021. Outre les prisonniers, plusieurs sont ces acteurs politiques qui ont dû s’exiler pour échapper à l’incarcération. Leur retour est l’une des exigences du parti Les Démocrates qui en fait particulièrement les frais.

Pierre MATCHOUDO

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