Pénurie du blé due à la guerre en Ukraine: Une opportunité pour le Bénin et l’Afrique

 Pénurie du blé due à la guerre en Ukraine: Une opportunité pour le Bénin et l’Afrique

L’Afrique vraiment menacée par la famine à cause de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ? Pas vraiment, n’en déplaise à des experts et des négociateurs mandatés ou pas. Mis à part les pays méditerranéens, la consommation des aliments à base de blé est certes importante mais non essentielle, les pays subsahariens se nourrissant traditionnellement avec d’autres produits comme le maïs, le sorgho, le manioc ou l’igname et le haricot.

A ce jour, Sénégalais, Maliens et Guinéens continuent de prendre du riz matin midi et soir tandis que les Béninois, Togolais et Nigérians n’ont pas troqué leurs repas à base d’igname ou de maïs. Et le tableau est le même partout ailleurs sur le contient. Cela étant, la consommation du blé est en forte progression à mesure que le continent s’urbanise. Beaucoup de ménages prennent du pain au petit déjeuner et, dans certains pays comme au Bénin, les restaurants rapides communément appelés « cafétérias » présents partout vendent principalement du spaghetti et du pain. Le blé est également présent sous diverses formes dans l’alimentation des Béninois : pâtés, beignets… Sans oublier les fameux biscuits prisés par les enfants.

En somme, si la pénurie du blé ne tuera pas les Africains, elle se fera fortement sentir et elle viendra bousculer des habitudes alimentaires progressivement acquises depuis les indépendances. Et pourtant, contrairement au maïs et autres, la culture de céréale est quasi nulle en Afrique subsaharienne. Les pays comme l’Éthiopie et l’Afrique du Sud en sont les plus gros producteurs mais même avec leur position de leaders dans le domaine, ils continuent d’importer massivement pour couvrir leurs besoins. Au total, ce sont environ 20 tonnes de blé que l’Afrique importe estimées à plusieurs milliers de dollars.

Le blé est traditionnellement cultivé dans les pays tempérés, mais aussi surprenant que cela peut paraître, des pays extrêmement chauds comme le Niger et le Mali le cultivent même si leur production est insignifiante. Mais aussi minime que soient les superficies emblavées, le fait même qu’il soit possible de le faire est une opportunité pour les Africains désormais si friands de pain et de spaghetti. En marge du congrès international sur le blé organisé en juillet 2019 au Canada, des experts ont montré tout le profit que le continent peut tirer de la culture locale de céréale.

Dans ce sens, certains organismes comme la Banque mondiale financent des recherches visant à trouver  et à cultiver les variétés les mieux adaptées aux conditions climatiques des différents pays africains. Mieux loti que les pays sahéliens comme le Niger, le Bénin à tout à développer cette filière. En plus des conditions climatiques clémentes, les acteurs du monde rural sont réceptifs à de nouvelles filières agricoles pourvu que celles-ci soient prometteuses.

Certes, pour cela, il faut aller à contre-courant des intérêts des importateurs qui, se voyant menacés, pourraient tout entreprendre pour compromettre la production locale. Mais, quoi qu’il en soit, l’intérêt général devrait prévaloir et celle-ci consiste à aller vers l’autosuffisance dans les produits alimentaires de grande consommation.

Pierre MATCHOUDO

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