Multiplication des accidents de circulation: Les bus finalement pas si sûrs

 Multiplication des accidents de circulation: Les bus finalement pas si sûrs

La liste des accidents impliquant les bus ne fait que s’allonger à mesure que passent les années. Et pourtant, depuis la disparition du train à la fin des années 1980, les taxis qui concurrençaient les rails ont vite fait de quasiment disparaître au profit des autocars. Une disparition qui s’expliquait par la confiance que les voyageurs plaçaient dans les bus.

Samedi 12 novembre 2022 : un bus en provenance de l’intérieur du pays vers Cotonou fait accident à Allada. Bilan : plusieurs blessés. Selon des témoins, le conducteur serait en état de somnolence.

Vendredi 4 novembre 2022 : un bus en partance pour Lomé tombe en pleine ville, au rond-point Hubert Maga à Parakou. Sur le champ, on dénombre 7 morts, auxquels vont s’ajouter 8 autres qui ont succombé à leurs blessures.

15 août 2022 : collision entre un bus et un camion à Sori dans la commune de Gogounou. Bilan : au moins 04 morts et plus de 10 blessés…

En effet, plus équilibrés, ces moyens de locomotion étaient rarement victimes d’accidents, étant conduits par des chauffeurs bien expérimentés. Avec la multiplication des sociétés de transport, la confiance des usagers a commencé par diminuer, ce qui se justifie par le nombre croissant d’accidents. Dans la plupart des cas, la cause d’accident est humaine. Soit le conducteur s’endort au volant soit il est distrait par le téléphone. Parfois ce sont aussi les mauvaises manœuvres qui provoquent les collisions. Les chauffeurs traversant le Bénin du nord au sud sont particulièrement réputés pour leur excès de vitesse. Ils ont gagné la réputation de conducteur manquant de respect pour la vie des autres usagers de la route.

Toute cette situation pose la question de la qualification des conducteurs. Généralement, ces derniers bénéficient d’une grande liberté n’étant pas souvent contrôlés par la police. Mais, avec les accidents à foison, cet état de grâce pourrait bien prendre fin surtout que de plus en plus de passagers y perdent la vie.

En plus des chauffeurs, les propriétaires des sociétés de transport sont eux aussi fautifs. En effet, plusieurs bus sont de vieux véhicules qui sont bons pour la casse en Europe. Ils sont importés à bas prix, retapés et repeints ce qui leur donne un air de neuf. Mais très tôt, ils révèlent leur véritable état une fois mis sur les routes béninoises.

A l’arrivée des bus dans l’arène des taxis, il était possible de traverser la plupart des villages jalonnant le trajet du nord au sud mais avec le temps et la croissance démographique, les routes sont devenues encombrées. Outre la population qui a augmenté, le nombre de véhicules en circulation a lui aussi connu une explosion exponentielle. Et tant que les routes desservant les principales villes resteront dans l’état actuel, faire changer de direction à la courbe des accidents serait un défi quasi impossible à relever.

Pierre MATCHOUDO

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