Menstruation: Une galère pour certaines femmes

 Menstruation: Une galère pour certaines femmes

Apparaissant lors de la période de puberté et ce jusqu’à la ménopause, les règles ou menstruations sont l’écoulement sanguin observées chez la femme. Douloureuses ou non, elles peuvent être : primaires, c’est-à-dire apparaissent au début des règles, dès l’adolescence et sont en générale sans gravité ou secondaire, c’est-à-dire, qui apparaissent plus tardivement, au bout de plusieurs cycles normaux. Mais selon une étude Ifop, publiée par yahoo.com bon nombre d’hommes ont toujours autant de mal à gérer avec bienveillance les menstruations de leurs partenaires.

Encore appelées dysménorrhées, les règles ou menstruations douloureuses ou difficiles sont un phénomène que vivent certaines femmes durant leurs cycles menstruels. Elles sont dues à la contraction utérine. Au Bénin comme ailleurs, elles touchent un bon nombre de femmes capables de procréer c’est-à-dire au début de la puberté. Pour ces femmes, cette période est l’une des plus difficiles de leur vie comme le fait savoir Valentine qui pense que c’est un véritable calvaire pour les femmes, « Quand le moment vient, la prière de toutes est que cela s’arrête le plus vite possible ».  Ces douleurs atroces constatées chez elles, les rendent faible physiquement durant ladite période. C’est ce que laisse entendre Anael B. « Pendant mes périodes de menstrues, j’éprouve d’énormes difficultés vu les douleurs que je ressens. Ce qui me rend donc faible physiquement. Je suis obligé de rester coucher à longueur de journée en attendant que la douleur s’atténue ». « Il s’agit, le plus souvent, de douleurs pelviennes, dans le bas du ventre, d’un seul ou des deux côtés, à type de tiraillements, de spasmes, de crampes sinon de coups de poing ou encore de pesanteur. Ces douleurs peuvent irradier à l’abdomen, au rectum, au périnée et dans la région lombaire. Elles peuvent s’accompagner de troubles digestifs, de nausées, de vomissements ou encore de maux de tête. Les anémies ferriprives sont également fréquentes », a indiqué dans un article le magazine Journal des Femmes. Selon le médecin généraliste, Docteur Georges Delamare « les troubles observés ont un fort ressentiment social : absentéisme à l’école ou au travail, multiplication des rendez-vous médicaux… ».

Les causes….

Les spécialistes ont démontré que les causes des règles douloureuses ou dysménorrhées sont multiples et entre autres nous avons : l’augmentation du taux de prostaglandine ce qui est responsable de la contraction douloureuse du myomètre, de l’augmentation du taux de vasopressine. Ce qui entraine les anomalies de la contractilité utérine, aussi au nombre de ces causes l’on peut citer, l’insuffisance lutéale, les troubles vasomoteurs et les anomalies congénitales pour ce qui est des dysménorrhées primaires. Ces derniers évoquent comme causes secondaires: l’endométriose, la dystrophie ovarienne, la synéchie… Mais en dehors des douleurs, bon nombre de ces femmes qui sont déjà en concubine ou en couple doivent souvent faire face au regard désagréable de leurs hommes.

Les résultats de Ifop en partenariat avec Intima

En mai 2021, rapporte yahoo.com  une étude Ifop en partenariat avec Intima s’intéressait à l’impact des règles sur la vie des personnes menstruées. Et cette dernière tirait de tristes conclusions : 83% des Français-e-s ont déjà renoncé à avoir des relations sexuelles lors de leurs règles, 31% à se rendre à un rendez-vous galant et 28% à sortir avec leurs ami-e-s à cause de leurs menstruations. Pire : 46% d’entre des personnes concernées ont déjà eu le sentiment que la gêne ou la douleur de leurs règles étaient sous-estimées par leurs amis hommes cis, et 42% par des membres masculins de leur famille. Et enfin, 33% des personnes réglées ont déjà subi des moqueries ou des remarques désobligeantes en raison de leurs menstruations.

Des témoignages frustrants

Cette statistique d’après notre source dans sa publication, sous la plume de Laetitia Reboulleau ne surprend pas Noëlle outre mesure. Cette femme de 47 ans,  est très contente d’être proche de la ménopause et d’être « débarrassée du fardeau » que représentent ses règles. « Je suis avec mon partenaire depuis 27 ans, et pas une seule fois nous n’avons couché ensemble pendant mes menstrues. En soit, ça ne me dérange pas, je peux comprendre qu’il ne soit pas à l’aise avec le sang. Mais le problème, c’est que ça dépasse le cadre du sexe. » L’homme âgé de 54 ans ne cache pas sa désapprobation lorsqu’elle évoque ce qu’elle appelle pudiquement « la zone rouge ». « Les rares fois où il est allé faire les courses à ma place, il a refusé de m’acheter des tampons. Il est toujours ouvertement dégoûté quand je lui dis que j’ai mes règles. Pendant cinq jours, j’ai l’impression d’être une pestiférée. » Résultat : la quadragénaire se réjouit de n’avoir eu que des fils : « Je n’aurais pas supporté qu’il fasse des réflexions à une fille, et j’essaye d’éduquer mes garçons pour ne pas qu’ils agissent comme leur papa. ».

Clémentine, 26 ans, rapporte toujours yahoo.com  est en couple avec un homme qui change d’habitude lorsque cette dernière est en menstrues. « Je suis avec mon mec depuis 4 ans, et pendant le premier confinement, on a décidé d’emménager ensemble. Le moment venu, je lui ai naturellement dit que j’avais mes règles, et il m’a chassée du lit ! Il a affirmé que l’odeur de mon sang l’indisposait, qu’il ne pourrait pas dormir avec la crainte de se réveiller dans un lit inondé de sang », a-t-elle confié. Malgré les explications de la jeune femme, son homme a maintenu sa position. « Il me dit que si je ne suis pas contente, je n’ai qu’à prendre la pilule en continu pour ne plus avoir mes règles. Merci du cadeau ! Ça me fatigue, et chaque mois qui passe me donne un peu plus envie de rompre avec lui. Difficile de l’en blâmer ».

Jacqueline,  la quarantaine environ loin de l’hexagone, commerçante à Cotonou, confirme qu’elle l’a aussi vécu avec le père de son premier enfant. « C’est frustrant des fois. Ton homme change de comportement du coup et agit comme si tu étais une intruse pour lui. Parce que tu as trouvé tes menstrues », s’offusque-t-elle avant d’ajouter « Pourtant, c’est une chose naturelle, indépendamment de la volonté de la femme ».  

La Rédaction

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