Léonide Isidore GBAGUIDI, président de la febegym: «Pour être franc, le niveau a sérieusement baissé»

 Léonide Isidore GBAGUIDI, président de la febegym: «Pour être franc, le niveau a sérieusement baissé»

Elle fait partie des disciplines sportives qui font la fierté du Bénin sur le continent. Il s’agit de la gymnastique. Dans un entretien qu’il nous a accordé, le président de la Fédération Béninoise de Gymnastique, Léonide Isidore GBAGUIDI, a dévoilé les grandes lignes de son programme d’activités de l’année 2021. Il a profité pour évoquer l’état de forme actuelle des athlètes en cette période pandémique de coronavirus. Lisez plutôt !!!

2020 a été une année difficile, synonyme d’une saison presque blanche pour vos athlètes à cause du Covid 19. Le gouvernement en fin d’année dernière a levé la suspension qui pesait sur la pratique du sport.  Comment et quand comptez vous lancer les activités à votre niveau ?

Effectivement 2020 a été une année, on ne peut plus, pénible pour toutes les parties prenantes du sport de part le monde et particulièrement pour la  jeune fédération qu’est la Fédération Béninoise de Gymnastique (Febegym). Les   difficultés au niveau des athlètes sont incommensurables. Ce qui fait que 2020 a été une année particulière mais pas une année blanche en Gymnastique. Ceci s’explique par le fait que nous avons eu des activités en début d’année 2020 et nos athlètes avaient pris part au Championnat d’Afrique de Gymnastique Aérobic qui s’est tenu en mars 2020 à Sharm El Sheikh en Egypte avec comme résultat 18  médailles gagnées au total. C’est après cela que les mesures de suspension ont été prises part le Conseil des ministres. Lesquelles mesures que nous avons respecté scrupuleusement.

La levée de cette suspension a été très bien accueillie par tous les acteurs de la Gymnastique. La reprise des activités a été progressive au niveau de notre fédération. Le Bureau Exécutif a d’abord, juste après la levée de la suspension, tenu une réunion pour faire le bilan de la situation et discuter des mesures à prendre pour une reprise sans conséquences sur les athlètes. Ensuite, une autre réunion tripartite a eu lieu entre le Bureau Exécutif, la Direction Technique et tous les Bureaux des Commissions Techniques. Ce qui nous a permis de discuter sur les détails techniques de la reprise des activités. Cette réunion de travail s’est vite transformée en une séance de formation en préparation physique, anatomie, physiologie, psychologie, théorie de l’entraînement, développement à Long Terme des Performances de l’Athlète (DLTPA ou DLTA), etc. Nous nous sommes donc entendus sur la marche à suivre par tous les entraîneurs de la febegym. Après cela, tout le staff technique a été invité à évaluer l’état des équipements rangés au magasin depuis mi-mars 2020. Et enfin un communiqué à été publié par mes soins invitant tous les acteurs à la reprise des activités.

Quelle sera la particularité au cours de cette période pandémique ?

La particularité sera sur plusieurs plans. En effet, nous devons apprendre à vivre avec l’existence de cette pandémie. Il y a lieu de gérer le stress que cette pandémie a occasionné.

 Les activités de la fédération se feront dans le respect des mesures préconisées par notre gouvernement. En invitant tous les responsables à faire le test,  j’ai donné l’exemple moi-même  en faisant le dépistage et j’ai été déjà suivi par le Secrétaire Général de la fédération. Il faut savoir que le Développement à Long Terme des Performances de l’Athlète est désormais notre boussole dans toutes les disciplines de la Gymnastique. Pour preuve, un préparateur physique est disponible en permanence et les horaires des entraînements ont été réaménagés.

On sait que la suspension a créé du tort aux athlètes, on peut avoir une idée de leur forme actuelle ?

Les activités d’entretien ne peuvent jamais remplacer un entraînement et un entraînement ne peut jamais remplacer une compétition. Mieux, il s’agit d’une discipline où l’athlète est d’abord et avant tout son propre concurrent car il doit dépasser ses propres limites. Vous comprenez donc que, malgré les dispositions que nous avons prises, le niveau des athlètes ne peut plus être celui d’avant la suspension. Pour être franc, le niveau a sérieusement baissé. Nous avons donc perdu une bonne partie de nos investissements.

La gymnastique béninoise a commencé par prendre son envol continental avant la Covid-19. Quels sont les grands rendez-vous et projets en vue ?

 Les grands rendez-vous sont multiples. Et là nous avons du mal à nous y engager car nous avons de sérieux problèmes de ressources financières. N’ayant pas reçu de subventions en 2020 et pas encore en 2021 et ayant préparé et participé au championnat d’Afrique 2020, nous avons des dettes qui ne sont pas payées à cette date. Bien qu’en tant que Président, je me sois arrangé pour les paiements des dettes comme les billets d’avions pour 10 personnes, les frais d’hôtel en Égypte, l’entretien des athlètes et entraîneurs etc. Certains événements ont été reportés de 2020 en 2021 par la Fédération Internationale ou l’Union Africaine de Gymnastique. Nous devons participer à un championnat international en Egypte début du mois de mai. Mais nous devons nous y engager déjà ce mois de mars pour permettre au Comité d’organisation de prévoir les hôtels et la logistique. Nous avons également le Championnat d’Afrique de Trampoline, Double Mini Trampoline et Tumbling.

Nous avons l’Assemblée Générale de l’Union Africaine de Gymnastique et celle de la Fédération Internationale de Gymnastique  cette année. Il y a une académie de Trampoline que le Bénin doit abriter et une autre de Gymnastique Acrobatique qui sera abritée par le Burkina Faso ou le Bénin. Plusieurs camps de formations d’entraîneurs et les formations de juges pour 2021 sont programmés. Vous imaginez nos difficultés pour mener tout cela de front.

 Le gouvernement a lancé la professionnalisation du sport béninois, votre point de vue sur la question. Et comment la gymnastique compte amorcer ce changement ?

A vrai dire la professionnalisation est une très bonne initiative. Toutefois, nous devons tenir compte du fait qu’elle doit être progressive et tenir compte des particularités de chaque discipline sportive.

Votre mot de  la fin

La gestion de la pandémie du covid-19 a été une première pour nous. Nous souhaitons que le gouvernement soit sensible à toutes nos difficultés et nous accompagne véritablement à traverser cette période pandémique.

Je souhaite que des infrastructures soient construites pour la pratique de la Gymnastique  et que les équipements aux normes soient acquis. Je remercie la famille de la Gymnastique béninoise notamment les athlètes pour le sacrifice qu’ils consentent.

Propos Recueillis par : Damien TOLOMISSI

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