Lancement ce vendredi de la campagne pour les législatives : Les enjeux en question

 Lancement ce vendredi de la campagne pour les législatives : Les enjeux en question

La campagne pour les élections législatives du 8 janvier 2023 démarre officiellement demain, vendredi 22 décembre. Face à face, la mouvance éclatée en deux grands partis et l’opposition qui, elle aussi, part en rangs presque dispersée à cette consultation que toutes les parties jugent cruciales.

La campagne a débuté depuis plusieurs semaines déjà, quand bien même elle se déroule de façon déguisée, sous le couvert d’activités officielles ou de réunions de concertations de part et d’autre. Rien de nouveau ne sortira donc des tournées qui seront organisées tout au long de ces deux prochaines semaines. Rien de nouveau sauf le bruit et le spectacle offerts par les caravanes ainsi que les meetings au cours desquels chaque camp va se présenter comme le sauveur du peuple.

L’enjeu, pour l’opposition, c’est de mettre fin à un parlement monocolore acquis au chef de l’Etat. En effet, suite à une réforme du système partisan, seules les deux formations politiques créées autour du président de la République ont eu l’autorisation de se présenter aux dernières législatives. Mais, Les Démocrates, parti qui se réclame de la « vraie opposition », ne compte pas se contenter d’une simple présence. Le mot d’ordre lancé aux militants est de se mobiliser massivement afin de devenir la force majoritaire du Parlement afin de « défaire » des lois qu’il juge non conforme aux intérêts du peuple.

Et pour cela, les arguments de campagne ne manquent pas. L’inflation galopante, malgré plusieurs mesures prises par le gouvernement, est un terreau fertile d’autant plus que se plaindre de la vie chère est devenu une litanie que nombre de Béninois répètent à longueurs de journées. C’est dans ce contexte que les producteurs et les commerçants se sont vus, dans un premier temps, interdits d’exporter certaines céréales en l’occurrence le soja avant que cette mesure ne soit levée. Mais, il reste la taxe à l’exportation qui annule le bénéfice escompté par les acteurs. Le soja a fini, au fil des années, par devenir l’un des principaux produits d’exportation loin derrière le coton. Quant au cajou dont la commercialisation commence bien après les élections, beaucoup de paysans et d’acheteurs sont dans l’attentisme, craignant de subir le sort réservé à la filière soja.

L’autre thème de campagne de prédilection de l’opposition porte sur les libertés. Un grand nombre d’acteurs politiques sont présentement détenus dans diverses prisons pour différents chefs d’inculpation pendant que d’autres ont dû fuir à l’extérieur du pays. Les partis opposés au régime auront beau jeu d’autant plus que la plupart des détenus et des exilés sont des personnalités influentes dans leur microcosme et parfois même au niveau régional voire national.

De leur côté, les partis de la mouvance présidentielle que sont le Bloc Républicain et l’Union progressiste le Renouveau, Le  Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin et  l’Union Démocratique pour un Bénin Nouveau peuvent exhiber la réalisation de plusieurs infrastructures dans les villes du sud du Bénin, infrastructures qui ont changé le visage des localités bénéficiaires.

Mais surtout, la récente augmentation des salaires est un trophée que ces partis peuvent brandir comme preuve que le gouvernement qu’ils soutiennent est sensible au social. Si ces différents discours seront valables pour les indécis, ce qui est certain chaque Béninois a déjà choisi son camp.

Pierre MATCHOUDO

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