Elections législatives 2023 : Une manne financière pour l’Etat béninois

 Elections législatives 2023 : Une manne financière pour l’Etat béninois

Depuis l’avènement de la démocratie en 1990, aucune élection n’a jamais permis à l’Etat d’engranger des ressources financières que les législatives prévues pour janvier 2022.

Il est une évidence que beaucoup d’argent circule au cours des périodes électorales. Cette réalité a été documentée par des recherches dont le rapport final, publié en 2020 est tout simplement intitulé : « Etude sur le coût de la politique au Bénin ». Selon les conclusions de cette étude, « le candidat moyen qui a réussi aux élections législatives de 2015, a priori, a dépensé 58.900.000 F CFA dans les campagnes (pré-campagne et campagne) ». Cela constitue, selon le même document, un accroissement des dépenses par candidat de 161,78% par rapport aux chiffres de 2007.

Ces dépenses sont réparties entre plusieurs activités politiques jugées déterminantes par les candidats. Il s’agit, entre autres, de l’organisation des caravanes et réunions, des dons aux organisations locales et aux personnes influentes, de la distribution d’argent et salaire aux collaborateurs et de la communication (médias, réseaux sociaux, affiches, présence remarquée à des événements de proximités tels que les baptêmes ou les funérailles…).

Au regard de ce tableau, les périodes électorales apparaissent comme un moment faste pour les électeurs et leurs familles bien trop souvent oubliés une fois le processus terminé. Par contre, l’Etat en tant qu’entité semble ne rien gagner. Au contraire, les biens publics sont utilisés, notamment par les députés déjà en poste, pour faire leur campagne.

En attendant d’évaluer le succès de l’approche, la réforme du système politique impose désormais à chaque candidat de payer une caution. Celle-ci se chiffre pour les élections de janvier 2023, à 163 millions 500 mille pour chacune des huit listes en compétition.

Mais au-delà cette caution qui est en fait une moindre dépense pour les partis, le quitus fiscal désormais exigé de chaque candidat est en fait le plus gros pourvoyeur de recettes pour le trésor public. D’après des informations publiées récemment par plusieurs journaux, l’administration fiscale a notifié à 4 candidats d’un parti qu’ils doivent cumulativement plus de 1,5 milliards de francs CFA. Si ce montant suscite des polémiques, il reste qu’il donne une idée de ce que l’Etat est en train d’engranger au cours de ce processus électoral.

En effet, avec le coût toujours croissant des campagnes électorales, les citoyens peu nantis se voient contraints de céder la place à des opérateurs économiques plutôt riches. Et, à l’évidence, ces prétendants aux postes électifs ne sont pas tous en règle vis-à-vis du fisc.

Quel sera le montant des recettes que l’Etat va engranger ? Le point sera sans doute fait suite à la validation définitive des listes électorales.

Pierre MATCHOUDO

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