Dans l’univers des chasseurs d’images: Géofroid Aballo, flash man

 Dans l’univers des chasseurs d’images: Géofroid Aballo, flash man

ABALLO

À 24 ans, Géofroid Aballo fait déjà le tour de l’Afrique, appareil photo en mains. Non en touriste. Mais en photojournaliste, spécialisé en prise de vue de matches de foot. Une passion devenue profession qu’il exerce comme dans un rêve éveillé.

Robert KEKELY

Debout, il fait 1m78. Mais la plupart du temps Géofroid est voûté, l’œil droit fermé, l’œil gauche dans l’objectif, le pouce et l’index sur la bague de mise au point de son appareil photo. Par ses doigts sont scellés dans l’immortalité du temps des rires, des pleurs, des cris, des douleurs, des larmes, des joies, le bonheur, le malheur. Bref, la vie ! Et cette vie, c’est le football. « Au départ, je m’exprimais plus dans la photographie d’évènementiels. Puis un jour, je suis allé assister à un match des Ecureuils, j’ai pris des photos et j’y ai pris goût».

Depuis, le jeune homme longiligne n’a plus décroché. Il baigne et s’extasie dans un monde où même quand ça va à mille à l’heure, le crépitement de ses flashs rappelle qu’il vient de figer une image pour le présent mais aussi pour l’histoire.

La photographie, une passion 

Ce qui a tout l’air d’un divertissement pour Géofroid commence véritablement en 2018. Mais en fait, les prémices remontent à plus loin. « Quand j’étais adolescent, j’accompagnais mon grand frère sur sa ferme. Je prenais son téléphone et je photographiais tout ce que je voyais. Il avait alors trouvé que je faisais des merveilles et à l’âge de 15 ans il m’a offert un petit appareil photo. » C’est ainsi que démarre tendrement une idylle qui n’est pas prête de s’arrêter. Le petit Géofroid a grandi et son appareil photo aussi a pris du volume. Il est devenu un self-made-man accompli. Patron de sa propre écurie « King Art Empire », comme pour dire le roi de la photographie.

Quand il se déplace avec son “matos”, c’est l’archétype du play-boy. Jogging, T-shirt, basket, coupe façon “Ghana boy”, montre et bracelets au poignet. Dans l’apparence, Géofroid paraît calme. Mais c’est une véritable bête de la machine. Quand il se saisit de son appareil, le bonhomme se métamorphose. Des prises de vue dans des angles improbables avec une dextérité et une agilité cadencées. Un peu comme un spectacle de danse. « Il faut toujours se particulariser sans se singulariser. Sur un match de football, il y a plusieurs photojournalistes. Et donc c’est à vous de trouver les images qui reflètent des émotions et qui peuvent être au fil du temps votre signature. Ce n’est qu’à ce prix que vous aurez une signature et les gens reconnaîtront vos photos rien qu’en le voyant. Et c’est ce que je recherche chaque fois. »

« L’aventure à la CAN m’a donné plus d’expérience »

Géofroid accompagne désormais les Ecureuils dans toutes leurs expéditions. Il travaille en collaboration avec le Ministère des Sports. Lors des éliminatoires de la CAN Égypte 2019, il a couvert toutes les rencontres à Cotonou et était également de l’expédition gambienne. La consécration pour lui a été la coupe d’Afrique des Nations 2019 en Égypte. « L’aventure à la CAN m’a donné plus d’expérience. J’ai découvert le standard international et j’avoue… c’est un peu différent de notre organisation au pays. Au départ, j’étais un tout petit peu déboussolé. Mais très vite, j’ai trouvé mes marques.»

Dans sa gourde à souvenirs, il garde précieusement une bonne portion de cette compétition qui était sa toute première. Depuis son retour, il a couvert les matches Bénin – Zambie (journée FIFA) Nigeria – Bénin (éliminatoires CAN Cameroun 2022) et Bénin – Sierra Leone (éliminatoires CAN Cameroun 2022).

Après cette dernière rencontre, il est un peu sevré de sa passion. La pandémie de Covid-19 a pris par là. « J’avais prévu me rendre à l’Euro cette année. Malheureusement, le coronavirus en a décidé autrement », se désole-t-il. Mais le jeune photographe garde toujours le sourire. Il sait que c’est une mauvaise passe qui se conjugue progressivement au passé. Il attend les yeux dans le viseur, Les doigts sur le déclencheur. Il ne peut s’arrêter de photographier. « La photographie, c’est l’histoire de ma vie. »

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2 Commentaires

  • Un rêve devenu une réalité par son courage et sa détermination

    • merci

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