Augmentation des salaires des fonctionnaires d’Etat: Désormais une obligation

 Augmentation des salaires des fonctionnaires d’Etat: Désormais une obligation

Alors qu’il a promis augmenter les salaires si certaines conditions sont remplies, le gouvernement fait toujours face aux mêmes problèmes économiques. Mais, peut-il remettre la revalorisation à plus tard?

Nous sommes en novembre 2022 et désormais tous les regards des fonctionnaires sont tournés vers le gouvernement duquel ils attendent la revalorisation des salaires. En effet, à l’issue des négociations avec les syndicats en avril, l’exécutif avait promis augmenter les salaires à condition que l’économie se porte mieux.

À l’époque, nous étions à environ deux mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie avec son cortège de conséquences. Parmi celles-ci, le renchérissement du prix du blé. Mais la situation était encore tenable tant il y avait des  réserves et nul ne pensait que la guerre allait s’installer dans la durée. 

Mais plus les mois passaient plus les problèmes de ravitaillement se posait pour les produits importés de ces pays mais aussi du fait du renchérissement du prix du carburant. Tout ceci arrive alors que les problèmes causés par le Covid-19 ne sont pas encore tous réglés.

Objectivement donc, le gouvernement ne devrait pas être en mesure d’augmenter les salaires. Mais dans le même temps, ne pas le faire sera perçu par les travailleurs comme une trahison. Dans leurs calculs, nombre de salariés ont vite fait d’oublier la condition posée par le gouvernement. Le moratoire accepté et qui court jusqu’en novembre est même perçu comme une faveur. La pilule sera d’autant plus amère que l’inflation a atteint des nouveaux records. Toutes les commodités sont concernées au point où de moins en moins de Béninois arrivent à manger deux ou trois fois par jour. Toutes les mesures prises pour endiguer la hausse des prix se sont avérées vaines.

Maintenir le statu quo salarial dans ces conditions risque d’enflammer le pays à un moment où le pouvoir a plus que jamais besoin de quiétude. Les élections législatives sont prévues pour début janvier 2023, donc dans deux mois. Et déjà la période de pré-campagne commence. Se risquer à cacher les travailleurs en ce moment précis serait pavé le chemin pour assurer la victoire à l’opposition. À la recherche des failles pour en faire ses choux gras, elle trouverait ainsi un thème de campagne porteur.

Pierre MATCHOUDO

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