Affaire Batamoussi: Séisme à la CRIET

 Affaire Batamoussi: Séisme à la CRIET

La Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET) a vu un de ses juges démissionné en la personne de Essowé Batamoussi pour motif d’ingérence du pouvoir exécutif dans la gestion de l’institution. Une raison que rejette le gouvernement par le biais du grade des Sceaux.

Le désormais démissionnaire exilé va plus loin en affirmant au micro de RFI que le dossier de Madougou n’était pas assez solide pour une détention et que leur indépendance est mise à mal.  « Le juge que je suis n’est pas indépendant comme cela se devait d’être. Toutes les décisions que nous avons été amenées à prendre, l’ont été sous pression. Je citerai la dernière celle qui a vu le placement de dame Reckya Madougou en détention. Dans ce dossier, nous avons été sollicités par la chancellerie car le dossier ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention›› révèle-t-il. « Ce n’était pas la première fois. Il y a pas mal de dossiers où nous avons reçu les instructions de la chancellerie›› a soutenu le juge Batamoussi sur les ondes de la radio française.

Il faut rappeler que la candidate recalée des “Démocrates” Reckya Madougou a été incarcéré à la prison civile de Missérété après avoir été placé en détention provisoire par la CRIET. L’ancienne ministre de la justice sous le régime de Boni Yayi est poursuivie pour des faits de financement de terrorisme selon les déclarations du procureur spécial, Mario Metonou.

Le garde des sceaux dément toute implication du pouvoir

Face à ces allégations du désormais démissionnaire qui décrédibilise les décisions prises par la CRIET, le Ministre de la justice, Séverin Quenum balaie du revers de la main ses affirmations et pointe du doigt une manipulation politique derrière cet acte. « Dans le contexte actuel où il fait cette déclaration, c’est une déclaration orientée, c’est une déclaration suscitée. Il s’agira ni plus ni moins d’une manipulation politique. ». Le patron de la justice rajoute une couche en déclarant « Ce magistrat, je ne le connais pas. Je ne lui ai jamais parlé, bien qu’étant Garde des sceaux qu’il met en cause. Vous savez bien que Madougou et ses alliés politiques dits de l’opposition radicale jurent par tous les dieux que l’élection du 11 avril n’aura pas lieu et qu’ils provoqueraient une insurrection destinée à mettre un terme au mandat du président en exercice. », a-t-il laissé entendre.  Par ailleurs, il nie tout immixtion de la chancellerie dans le dossier Madougou et estime que les juges sont indépendants à contrario des propos du juge démissionnaire et en fuite Essowé Batamoussi. « Il n’y a pas d’instruction donnée. Il n’était même pas nécessaire de donner des instructions. De quelles instructions a-t-on besoin dans un dossier de financement du terrorisme ? Ce n’est pas nous qui l’avons dit. Les juges sont indépendants et ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi. », Martèle-t-il.

Léonard SONEHEKPON

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