Uniformisation du coût des minéraux : L’urgence du secteur

 Uniformisation du coût des minéraux : L’urgence du secteur

Sable, latérite, gravier, se sont là quelques éléments indispensables dans la construction des édifices. Ces minéraux sont pour la plupart exploités dans les villes du pays mais sont vendus à des prix variant selon la localité de provenance et aussi sa quantité. Face à cela, les citoyens s’indignent et espèrent une réglementation dans ce secteur.

L’achat des matériaux de constructions notamment le sable, la latérite et le gravier s’impose à toute personne désirant construire un logement ou ériger des édifices qui nécessitent l’utilisation de ces minéraux. A Cotonou et Abomey-Calavi comme dans bon nombre de ville, le prix de ces minéraux varie selon plusieurs facteurs. En premier, les revendeurs de ces produits ensuite la zone, de la quantité et surtout la distance mais aussi le lieu de provenance.

D. Germain est un revendeur de sable et de gravier dans la commune d’Abomey-Calavi. Sollicité pour un achat de sable, ce dernier auditionne son client et veut avoir une idée sur la quantité de sable voulu par ce dernier. Six roues affirme l’acheteur, au revendeur de demander le lieu de convoyage avant de dire le prix. Ainsi selon les échanges de ces derniers, plus la distance est lointaine, plus le prix est élevé et selon la quantité de sable ou de gravier. 

Yovo est lui aussi un revendeur de sable de construction, son camion six roues comme ils sont communément appelés vient d’être servi dans une carrière de sable du quartier Amahoun dans l’arrondissement de Godomey. Interrogé sur le coût d’un voyage de sable, ce dernier avant de répondre, fait le rituel commun à ces revendeurs ; savoir la destination, puis, il répond « Le voyage est à cinquante mille francs (50.000 Fcfa) », avant d’ajouter « Si la distance était plus considérable, le prix allait être plus élevé car nous évaluons aussi le prix du carburant. Nous achetons dans la carrière à trente mille francs (30.000 Fcfa) nous prenons le ticket de la mairie et il y’a la carburation. Mais le prix est toujours compris entre 50.000 Fcfa et 65.000 Fcfa pour ce qui est des petits camions (six roues). Les grand Camions c’est-à-dire les dix roues sont à 65.000 Fcfa d’autres le vendent jusqu’à 85.000 Fcfa toujours selon la distance. Pour ces derniers, le chargement à la carrière se fait à 45.000 Fcfa ».

Des explications qui tentent de convaincre. Quant au gravier, le prix aussi dépend des conditions citées mais à ce niveau, il y a aussi la qualité comme nous l’explique Germain « Il y a deux types de gravier. Nous avons ceux qui servent à couler les dalles et ceux qui servent à faire des fondations. Des deux qualités,  nous avons les graviers spéciaux qui viennent souvent du Couffo et les autres ordinaires. Nous fixons donc le prix en fonction de ces caractéristiques car les qualités ne sont pas les mêmes. Il faut préciser que nous qui revendons, nous les achetons chez ceux qui vont dans les carrières donc nous ajoutons un peu plus sur le prix d’achat pour revendre. De façon générale, le prix varie entre 135.000 Fcfa et 150.000 Fcfa pour les camions de six roues ».  

Une divergence de prix que ne comprennent pas certains citoyens qui appellent à une unification des coûts de ces produits comme le fait comprendre Basile O. ingénieur des BTP à la retraite « Il ya un petit désordre qui règne dans ce secteur. Chacun donne le prix qu’il veut et selon son intérêt financier. Nous savons tous que rien ne dépend des revendeurs car ils ne sont pas les fournisseurs principaux. Avant eux, il y a les gestionnaires des carrières et ensuite ceux-là qui vont prendre pour revendre. Si le prix dans la carrière est uniformisé et que c’est ainsi dans toutes les carrières du pays ce serait déjà un avancé. Maintenant il faut aussi faciliter la tache aux revendeurs au niveau des taxes à payer et ensuite leur imposer un prix unique comme c’est le cas avec les produits pétroliers », fait savoir le sexagénaire qui ajoute « le gouvernement a déjà bien démarré avec le recensement des carrières et la fermeture de celles illégales. Faudrait-il s’en arrêter là ? La réponse est non.

Il faut maintenant avoir un contrôle sur le coût des minénaux issus de ces carrières.  Déjà avec la fermeture de certains, ceux qui ont l’autorisation ont commencé par augmenter le prix, ce qui ne permet pas aux citoyens béninois de bénéficier de ces produits à des prix abordables. Nous avons un avantage. Ces sables, graviers et autres minerais sont exploités ici à plus forte raison ».

Firmin KASSAGA          

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