Stigmatisation des personnes guéries de la Covid 19: Des témoignages

 Stigmatisation des personnes guéries de la Covid 19: Des témoignages

Déjà plus d’un an que le monde entier vit au rythme de la pandémie liée au à la Covid 19. En une année, ce mal sanitaire a enlevé à des nations, bon nombre de citoyens laissant sous le choc leurs différentes familles. Pour ceux-là même qui ont pu braver cette maladie, une nouvelle vie commence car il faut faire face aux autres.

A la date du dimanche 21 mars 2021 en attendant les nouveaux chiffres, le Bénin compte au total 5.552 cas guéris de la Covid19. Parmi ces personnes guéries, nombreux sont ceux-là qui ont du mal à intégrer la société dans laquelle ils vivent depuis très longtemps.

Marginalisées et critiquées, ces personnes bien qu’étant guéries subissent au quotidien toute forme de discrimination et deviennent au jour le jour persona non grata aussi bien pour leur famille que leur entourage professionnel.

 Celui que nous décidons de nommer Octave est un Béninois âgé de 40 ans, déclaré positif en avril  2020 après un contact avec un sujet lors d’une mission. Ce dernier ayant subi tout le processus de guérison est finalement déclaré négatif trois mois plus tard. Sous anonymat, il fait cas de sa situation actuelle et parle aussi de la difficulté qu’il a aujourd’hui pour se réintégrer. « De retour d’une mission à l’extérieur dans le cadre des activités d’une entreprise privée, j’ai été testé positif quelques jours après mon arrivée. C’était la grande frayeur autour de moi que ce soit au service qu’à la maison. J’ai été rapidement pris en charge et trois mois plus tard après plusieurs tests, j’ai finalement été déclaré négatif. Moi qui pensais que c’était la délivrance, j’ai rapidement compris que je devais faire face à certaines personnes du dehors qui  croient que les personnes guéries de ce mal n’ont plus droit de vivre comme tout être. Je n’avais plus d’amis véritables. Je n’étais plus désiré et à mon passage ça parlait de moi. J’étais pour tous l’incarnation de la Covid. Le pire, même dans l’entreprise pour laquelle je travaillais, j’avais l’air d’être considéré comme le virus », a-t-il confié avec toutes les émotions possibles avant de poursuivre « J’ai dû m’isoler pendant deux mois dans mon village pour renouer avec la joie de vivre. Mais à mon retour rien n’a toujours changé pour moi. Seule ma famille m’a accepté totalement. Bientôt un an que je suis guéri mais personne ne veut savoir cela ». Son épouse Brigitte confirme le traumatisme que subit son conjoint au quotidien « Il n’y a pas de jour où nous ne parlons de ce qui se passe autour de lui. J’essaie au maximum de lui remonter le moral mais c’est difficile », souligne-t-elle.

Comme Octave, Noel et Larissa font partis des personnes guéries du coronavirus et qui eux aussi de diverses manières subissent une forme de stigmatisation dans leur milieu social. « La vie poste infection au Covid est un calvaire », lance Noel qui ajoute «si nous n’avons pas un moral fort, nous ne pouvons pas surmonter cela ».

Larissa abonde dans le même sens mais nuance « Aujourd’hui, je pourrai dire que même si la sérénité n’est pas totale chez mes proches, je suis tout de même à l’aise. Si je dois faire une comparaison avec mes premiers jours d’après traitement je dirais que ça va mieux. Je suis moins rejetée », a notifié la ménagère de 45 ans.

Les faits montrent donc que les personnes guéries de la pandémie liée au coronavirus ont du mal à occuper la place qui par le passé était la leur avant la contraction de ce mal. Victimes de toutes formes de discrimination, ces derniers n’ont qu’un seul désir retrouver la joie de vivre d’entre temps et d’être vraiment considérés comme des humains et non pas comme des virus. Ces derniers invitent les autorités à de plus en plus sensibiliser la population sur l’intégration des personnes guéries de ce mal.

Firmin KASSAGA

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