Santé publique: La mort préférable au Covid

 Santé publique: La mort préférable au Covid

La mort est sacrée au Bénin et face au virus Corona et ses variantes qui inquiètent de plus en plus, les cérémonies mortuaires ont repris de plus bel après un temps d’accalmie. Sans mesures de précautions.

Pour faire face à la propagation du Covid-19, le gouvernement a édicté plusieurs mesures de prévention parmi lesquelles l’interdiction de grands rassemblements. Est aussi imposé le port de masques notamment dans les lieux publics ainsi que l’observance d’une distance d’au moins un (01) mètre lors des rassemblements. Certaines mesures se sont assouplies avec le temps mais il reste que les grandes manifestations sont des occasions de contamination à grande échelle.

C’est dans ce contexte que les cérémonies mortuaires continuent de se dérouler sur toute l’étendue du territoire. Il n’est pas rare de voir des rassemblements de plus d’un millier de personnes les samedis. Plus le défunt est géniteur d’enfants bien nantis, fonctionnaire, politique ou dans les affaires, plus il y a de monde. Il est évident que la distanciation sociale est impossible dans ces rencontres mais également, très peu de personnes se protègent avec un cache-nez.

A voir les statistiques mondiales, le Bénin s’en sort plutôt bien avec un nombre peu élevé de morts au Covid-19, soit 107 décès et 92 cas en traitement à la date du 25 juillet 2021. A titre de comparaison, à la même date, le Ghana en est à 821 morts, la France, plus de 111.000 morts. Pendant ce temps, le Brésil a déjà enregistré plus de 500.000 morts.

Ces chiffres expliquent l’insouciance des Béninois qui continuent de passer outre les instructions du gouvernement. Les morts semblent avoir plus d’importance que la santé, notamment le Covid-19. Face à cette défiance, le conseil des ministres du 20 juillet dernier, a encouragé les Béninois, notamment les organisateurs des manifestations devant rassembler du monde, à se faire vacciner et à sensibiliser les invités en vue de se faire vacciner. Pour cela, le vaccin est rendu gratuit et disponible dans des centres de santé.

Mais l’appel du gouvernement aura-t-il un écho favorable ? Sans doute, mais de façon mitigée. Les réseaux sociaux ont dénigré les vaccins contre le Covid-19 au point où un grand nombre de Béninois sont réticents à se faire injecter cela alors que dans les pays où circule le virus à grande échelle, les populations courent pour se faire vacciner.

Sans doute après cette phase de sensibilisation, le gouvernement devra imposer des sanctions à quiconque refuserait de se faire vacciner et à tous ceux qui sabotent les campagnes de vaccinations pour protéger la population. A moins que, de nouveau, les cérémonies mortuaires et les rassemblements soient de nouveau interdits.

Pierre MATCHOUDO

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