Réorganisation des partis de la mouvance présidentielle : Le danger

 Réorganisation des partis de la mouvance présidentielle : Le danger

A trois mois des élections législatives de janvier 2023, la ruée vers l’Union Progressiste, le Renouveau se poursuit, compromettant l’équilibre régional au sein de ces deux partis présidentiels.

Il ne se passe plus une semaine sans qu’il y ait de démission de l’un des deux partis soutenant le chef de l’Etat en faveur de l’autre. Ainsi progressivement l’Union Progressiste, le Renouveau, le gros bénéficiaire- reçoit en majorité les acteurs de la partie méridionale du parti, laissant ceux de la partie septentrionale la gestion du Bloc Républicain.

En ce mois de septembre 2022, c’est surtout du département de Plateau que proviennent les démissionnaires du Bloc Républicain, parti qui a eu la maladresse de sanctionner le ministre Jean-Michel Abimbola et, ainsi, de le pousser à la démission. Le samedi 10 septembre 2022,  ce sont Adoun Hilaire et Bissiriou Awaou, deux députés de sa localité du Plateau qui ont suivi, ainsi que l’ancienne maire d’Adja-Ouèrè et de la déléguée départementale de l’Organisation des femmes républicaines.

D’autres militants moins illustres provenant d’autres localités ont eux aussi fait le pas au point où des voix commencent à s’élever pour alerter du danger de regroupements par affinités régionales. Cela d’autant plus que le Bloc Républicain (BR), victime de la saignée se retrouve de plus en plus avec des militants provenant en majorité du nord Abdoulaye Bio Tchané le président du parti.  Ce sentiment est par ailleurs renforcé par l’interruption par l’Udbn de Claudine Prudencio du processus de fusion avec le BR même cette formation n’est pas encore tombée dans le giron de l’Union progressiste.

Créés avec la bénédiction du président Patrice Talon pour soutenir ses actions, le BR et l’UP, le Renouveau devraient donc être les deux faces d’une même pièce destinée à faire barrage à l’opposition. Mais au lieu de cela, c’est à une véritable guerre de tranchée qu’ils se  livrent, avec toutes les conséquences possibles. Ainsi, il ne sera pas exclu que les rancœurs poussent l’un ou l’autre à s’allier à l’opposition, au lendemain des législatives, pour des votes importants.

Mais le plus grand danger qu’ils courent, c’est de se voir refuser l’accès au Parlement s’ils n’arrivaient pas à obtenir les 10% de suffrages dans toutes les régions comme l’exige la Constitution. Car, à force d’aller sur ce terrain glissant, ils risquent de se priver des électeurs d’autres régions du pays.

Sentant déjà le danger venir, le parti de Joseph Djogbénou a mis en garde contre la ruée anarchique vers ses rangs. Dans un communiqué en date du 18 août 2022, l’UP d’alors (UP, le Renouveau aujourd’hui) a laissé savoir qu’il  n’encourage ni ne cautionne les démissions fantaisistes des autres partis ». Le même communiqué précise que, « par fidélité à ses principes, l’Union progressiste ne saurait ni encourager ni admettre la tentative opportuniste et fantaisiste de tout démissionnaire d’un parti issu de la réforme du système partisan à intégrer ses rangs » et que, surtout, il « n’a engagé aucune discussion de l’ordre et de la nature que celles initiées avec le PRD ».

Il n’empêche, la recomposition du champ politique se poursuit autour du chef de l’Etat avec son lot de frustrations, de rancunes et de ruses à venir.

Pierre MATCHOUDO

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