Parakou : La sérénité malgré la présence du virus

 Parakou : La sérénité malgré la présence du virus

Covid 19

Question d’actualité à Parakou : la maladie au virus corona ou Covid-19 existe-t-elle vraiment ? Il peut paraître très provocateur de poser cette question après les multiples sensibilisations par l’Organisation mondiale de la santé et par les pouvoirs publics de l’ensemble des pays du monde, y compris le Bénin. La question se pose malgré les reportages alarmants de la presse internationale et les calculs macabres qui font état de centaines de milliers  de personnes tuées par cette maladie.

Par Abderahman Touré

A la date du 10 septembre 2020, le décompte fait sur le site officiel du gouvernement du Bénin révèle que 2267 cas ont été détectés parmi lesquels on déplore 40 décès.

Malgré tout ceci, à Parakou de nombreux habitants continuent de vivre comme si de rien n’était. Croyez-vous que cette maladie est vraie ? Isidore, un enseignant répond d’abord par le rire avant de poursuivre : « en se fiant aux apparences, on peut dire oui. Oui, parce que tout le monde chante corona. On nous montre des cadavres bien emballés et on nous dit qu’ils sont morts du virus. Mais dans la réalité, est-ce que la maladie existe ? Si elle existait, les états les plus forts qui sont les plus atteints auraient trouvé un remède. Est-ce que c’est vraiment corona ». Rékia, étudiante dans une université privée de la ville répond, sceptique : « je ne sais pas si ça existe. Je ne peux pas nier son existence mais je constate seulement que depuis toujours, le paludisme veut m’attaquer, je sens toujours une irritation à la gorge et tous les symptômes qu’on attribue au Covid-19. Et tout autour de moi, c’est ce que disent les gens ».

Le doute et l’incrédulité des habitants se traduisent par un respect mitigé de l’obligation du port de cache-nez ou masque censé empêcher la contamination. Seuls en effet les motocyclistes et les conducteurs de voitures s’y soumettre, mais pour des raisons autres que la nécessité de se protéger contre le Covid-19. « Moi, je porte le masque à cause de la police. Quand je suis à pied je ne porte rien. La police n’arrête pas les piétons. Mais quand tu utilises un autre moyen de déplacement on te stoppe et on ne t’oblige pas à en acheter un mais autre chose. La maladie est un prétexte pour des gens de s’enrichir. Pour preuve on a trouvé des caches nez pour nous les vendre », constate Edouard D., un fonctionnaire qui rentrait chez lui après le service.

Nombreux aussi ceux qui affirment avoir pris l’habitude de porter de masques bien avant l’éruption de l’épidémie de la maladie au virus Corona. Parakou est en effet une ville située en pleine savane qui est balayée par des vents charriant beaucoup de poussière.

Depuis l’arrivée de l’épidémie début 2020, le gouvernement a pris de nombreuses dispositions parmi lesquelles l’installation d’un cordon sanitaire autour des villes de la partie méridionale du Bénin. Ce cordon a été levé depuis le lundi 11 mai 2020 mais cet isolement du Sud a suscité dans l’esprit des habitants du reste du pays la conviction que cette maladie ne concerne que Cotonou, Porto-Novo et Calavi. Ce sentiment est renforcé par le fait que les statistiques produites ne mentionnent pas les lieux d’habitation des personnes diagnostiquées positives au virus. 

Du coup, outre le port de masque qui n’est pas respecté, les autres mesures de distanciation sociale sont de plus en plus délaissées ou, au mieux, exécutées en signe de dérision. Et les fêtes et autres cérémonies continuent d’être organisées comme avant l’épidémie.

Une note positive cependant, il y en a encore qui y croient. Diallo M, vendeuse de masques : « Moi, en tout cas, je crois que la maladie existe. Ceux qui doutent, c’est parce que personne dans leur famille n’a encore eu ça. Actuellement, je vends les cache-nez plus que tout autre chose. Et si les clients sont nombreux à les acheter, ce n’est pas seulement à cause de la police ». Mariam, comptable dans une société privée renchéri : « je crois, j’ai entendu des témoignages autour de moi. Je ne porte pas mon masque à cause de la police car si je meurs, la police ne va pas s’occuper de mes enfants.  Si je ne croyais pas je n’allais pas adopter des mesures. Dans tous les lieux publics incertains comme la banque et le marché, je porte toujours mon masque. Quelqu’un a témoigné dans ma paroisse. Avant, je portais le masque à cause de la poussière et je l’enlevais une fois à destination. Mais depuis Covid, je le maintien. »

Dans certains services, même publics, des dispositifs de lavage de mains est présent, mais parfois il n’y a ni eau ni savon. Comme cette école où le dispositif est poussiéreux. Un centre de santé (Banikanni) sans eaux ni savon.

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