Le Nigéria accuse le Bénin d’être un pôle de trafic de drogue : Si la cour du mouton est sale ce…

 Le Nigéria accuse le Bénin d’être un pôle de trafic de drogue : Si la cour du mouton est sale ce…

La présidente de la Banque centrale du Nigéria a adressé une note circulaire à toutes les banques de son pays pour leur demander d’être vigilantes vis-à-vis des entreprises et des citoyens béninois qu’elle soupçonne être nombreux dans le trafic de drogue.

À travers cette circulaire publiée le 6 mai 2022, Evelyn E. Asuquo a ordonné aux institutions financières nigérianes de classer les Béninois comme personnes à haut risque. « Vous êtes tenu de mettre en œuvre des mesures supplémentaires sur les clients et les relations d’affaires liées à la République du Bénin.  Vous êtes également tenu de reclasser les clients et les transactions connexes comme à haut risque et de mener des procédures de diligence raisonnable renforcée (ED) en conséquence », a martelé la présidente de la faîtière des banques nigérianes.

Elle a invité les banques commerciales à appliquer les mesures de prudence et de faire les investigations préalables lors de l’ouverture de comptes impliquant des ressortissants béninois et sur les transferts de fonds à destination et en provenance de la République du Bénin.

La raison de cette stigmatisation est que, selon Evelyn Esuquo, les services secrets nigérians ont découvert que le Bénin est en train de devenir un pôle de trafic de drogue. En fait une information connue de tout le monde.

Il est vrai que, de plus en plus des quantités de drogue sont saisies au Bénin. Comme sur toute la côte ouest du continent africain. Mais pour autant, un proverbe dit que si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au cochon de le faire remarquer, encore moins de critiquer ou de prendre des mesures pour ne pas subir les conséquences du manque d’hygiène de son voisin.

En effet, en matière de trafic de drogue, le Nigéria n’a pas d’égal en Afrique. Quelques jours avant la circulaire de la présidente de la banque centrale, le 3 mai dernier, l’Agence nationale anti-drogue a saisi à Kano plus de 2,3 millions de comprimés de drogue. Pendant ce temps, le chef de l’agence anti-drogue (National Drug Law Enforcement Agency -NDLEA) a révélé que 40℅ des Nigérians de 18 à 35 ans sont « profondément ancrés » dans la toxicomanie et que la lutte contre le narcotrafic dans ce pays fait plus de victimes que la lutte contre le terrorisme et le banditisme. Il a aussi demandé aux chefs des partis politiques de faire barrage à leurs militants consommateurs de drogue lors de l’élaboration de la liste des candidats aux prochaines élections.

La présidente de la Banque du Nigéria semble ignorer ce sombre tableau face auquel le Bénin et ses citoyens paraissent comme de vrais anges.

Pierre MATCHOUDO

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