La presse et la covid, formalisme ou engagement

 La presse et la covid, formalisme ou engagement

Covid 19

Vendredi dernier, la recrudescence de la pandémie du coronavirus au Bénin a fait quasiment la une de la presse nationale. Manchette —  deuxième de une, deuxième de une – manchette, c’est la typographie qui était de mise. Conséquence immédiate, les différentes revues de presse sur les chaînes, tant à la radio qu’à la télévision ont fait du sujet du covid, leur chou gras. Quelle lecture faire de cet intérêt soudain des médias béninois pour ce virus létal dont la presse internationale fait largement écho de l’apparition de nouvelles variantes, avec l’Afrique du Sud, comme un des épicentres ? Au point où, un pays comme l’Allemagne a interdit l’accès à son territoire aux équipes de football dans le cadre de la reprise cette semaine des compétitions de clubs européens reconnues pour leur lucre singulier?

La tempête médiatique a été enclenchée, juste au lendemain de la sortie du ministre de la santé qui a brandi les chiffres de plus en plus lugubres de la pandémie et tiré la sonnette d’alarme. Et puis, hop ! Comme un système de vase communicant, on assiste aux effets, avec le battage qui s’ensuit. Ce n’est pas normal. La presse de par ses fonctions régaliennes doit assumer en toute responsabilité et en toute liberté sa part du contrat social. Le coronavirus est avant tout une question de santé publique, donc un fait de société avant d’être une affaire ministérielle ou gouvernementale. Le ton de la lutte anti-covid, doit être interne à la presse qui doit pouvoir fixer son cap en lien avec les stratégies nationales et internationales tout en restant fidèle à l’ancrage éditorial pluriel. Ce sont sur de pareils sujets, de nature transversale, aux conséquences sans limites, comme tout le monde a pu s’en rendre compte, avec les effets pernicieux du coronavirus que les médias sont fondamentalement attendus. Pas pour jouer le rôle de chœur, mais celui du cœur qui bat en chacun de ses acteurs. Sinon, ceux qui fustigent le goût trop prononcé pour la politique voire la politique politicienne de la presse béninoise au détriment des réels problèmes de la société n’auront pas tort. En atteste le “franc” engagement observé sur le front de l’élection présidentielle qui au demeurant sera arbitrée, non pas par la presse, mais par le peuple souverain qu’elle prive de son droit à l’information plurielle, en l’espèce, à l’information en temps réel sur la pandémie pourtant meurtrière du coronavirus.

Gaskiyani, qui prône la réinvention des rapports médias /société, prend sa part autant que faire se peut à chaque publication et ne compte pas s’arrêter de si tôt. Vivement que la presse dans son ensemble fasse du covid un engagement et non un formalisme.

Ouorou-Asso BABERI

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