La CAF entre modernité et vassalité

 La CAF entre modernité et vassalité

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Sur quelles eaux naviguera dorénavant la barque de la Confédération Africaine de Football avec la mise en selle du milliardaire sud-africain Patrice MOTSÉPÉ sur le trône du foot africain et dans la foulée, la désignation par ce dernier du Suisso-congolais Veron MOSENGO-OMBA, précédemment en charge des relations avec les associations membres à la FIFA et très proche de Gianni INFANTINO, patron du football mondial et directeur de campagne sans le dire du nouveau monarque du football africain ? Est-ce la mise sous tutelle de la CAF par la FIFA tant redoutée par l’opinion, mais entrevue par le séjour de contrôle de la secrétaire générale de la FIFA, Fatma SAMOURA qui vient ainsi d’être actée ? Ou faut-il voir à travers cette mue jamais réalisée dans une Confédération, l’aube de la modernisation du football africain tant espérée aussi ?

À ces légitimes interrogations, on doit s’accorder sur un point, la Confédération Africaine de Football dans sa longue marche d’organisation du cuir rond sur un continent marqué par des disparités politiques, économiques et mêmes existentielles depuis la veille des indépendances jusqu’à ce jour, a su imprimer sa marque, et surtout jouer pleinement sa partition dans la libération et l’émancipation des peuples. C’est le juste et complexe combat mené par les pères fondateurs de l’institution panafricaine jusqu’à Issa HAYATOU qui a pris le relais du Docteur TESSEMA. Ces deux qui ont plus passé de temps à la direction de la CAF, ont la particularité d’avoir été des sportifs de haut niveau, d’anciens internationaux, sélectionneur national pour l’Ethiopien et d’anciens cadres sportifs et dirigeants fédéraux. Ils ont donné à l’Afrique, sa respectabilité dans un contexte de condescendance de l’occident. Le Camerounais, ancien candidat à la présidence de la FIFA qu’il a dirigée un temps par intérim, est le seul membre du comité exécutif de la FIFA de Joseph BLATTER, à être épargné par les scandales. Et par extraordinaire, ils ont enregistré des performances exceptionnelles sur le terrain, comme pour valider leur combat. Des acquis qui ont commencé à fondre comme du beurre au soleil lors de la dernière Coupe du monde en Russie, où l’Afrique a vu ces cinq représentants éliminés au premier tour. Du jamais vu depuis España 82. Elle qui s’est longtemps crue en demi-finale à trois reprises, 1990, 2002 et 2010.

L’expérience du Malgache Hamad HAMAD, un politique, avec en sous-main le même INFANTINO s’est avéré un échec en moins d’un mandat. À présent, il implémente un homme d’affaires fortuné sans presque des anciens footballeurs dans le comité exécutif, pour quels résultats ? Est-ce à dire que les problèmes du football Africain ne sont que financiers ou logistiques ? Une constellation d’entrepreneurs et hommes d’affaires est-elle la panacée ? À titre d:exemple, le Championnat d’Afrique des Nations, CHAN, n’est pas sorti des officines de la FIFA, et ne se joue dans aucune autre Confédération. Donc wait and see.

Une chose est sûre le foot rime avec les résultats sur le terrain. Toute réforme quelle qu’elle soit qui ne produit pas de résultats sera vaine.

Ouorou-Asso BABERI

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