Inauguration des monuments par le chef de l’Etat: Hommage, Bravoure et Fierté

 Inauguration des monuments par le chef de l’Etat: Hommage, Bravoure et Fierté

Samedi 30 juillet 2022,  le président Patrice Talon a inauguré le monument aux Dévoués et deux autres statues, celles de l’Amazone et du héros national, Bio Guera. Au moment de dévoiler ces nouvelles œuvres architecturales aux connotations culturelles et touristiques chargées d’histoire et de symboles nationaux, le Président de la République a magnifié la bravoure et la détermination des Béninois. Il a aussi craché un dédain. Celui de ses compatriotes qui  se sous-estiment.

Une nouvelle donne s’instaure désormais au Bénin. Le dépôt de gerbe ne se fera plus au pied du monument aux morts de Placodji. Ce sera désormais au « Jardin de Mathieu » au pied du « Monument aux Dévoués ». C’est ce qui ressort du message du chef de l’État lors de la cérémonie de dévoilement du monument érigé non loin de la direction du Port autonome de Cotonou. Une cérémonie qui marque une étape majeure dans la vie du Bénin. C’est en effet celle de la translation, du transfert des reliques immatérielles des héros, de l’ancien monument aux morts situés à Xwlacodji. « Pendant plus de 60 ans, nous avons rendu hommage à nos héros à Xwlacodji, au pied d’un monument érigé par l’envahisseur à la gloire de ses soldats qui ont décimé les nôtres. En réalité, ce monument aux morts de Xwlacodji ne nous concerne pas ; il nous a plutôt toujours défiés, a toujours ravivé nos peines et nous n’avons pas à nous consoler de ce qu’il serait aussi celui des combattants de la première et de la deuxième Guerres mondiales » a rectifié le président Talon. Selon les faits tels que rappelés, le monument de Xwlacodji date d’avant 1903. Chaque 1er août, les anciens dirigeants béninois ont toujours « célébré et honoré nos bourreaux » a fait savoir l’actuel homme fort de la Marina qui par la même occasion a rappelé le sens du monument aux morts dans la conception française. « Il est assimilé à la sépulture du soldat inconnu » a-t-il rappelé. « C’est donc pour corriger soixante années de confusion qu’il a jugé utile qu’en cette année 2022, mettre un terme définitif à une aberration qui n’a que trop duré » dira-t-il. « Désormais c’est ici, en ce lieu empreint de notre histoire politique, au pied de cet obélisque qu’artistiquement le monde entier a emprunté au génie égyptien, que sera déposée chaque 1er août, la gerbe à la mémoire de nos héros ». C’est donc clair et A César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient. Le tort est donc réparé. « Le monument aux morts français restera pour ceux qui ont servi la gloire de la France. Pour les nôtres, ce sera définitivement ici et en tout autre lieu que nous choisirons pour ériger tout monument à leur gloire et à leur honneur » conclut le Chef de l’État béninois qui dit ne pas en vouloir à ces prédécesseurs qui ont longtemps déposé des gerbes à Xwlacodji.

Amazones, symbole de Bravoure

Fouillant dans le glorieux passé de l’histoire de luttes béninoises pour la souveraineté le chef de l’État a démontré que les amazones symbolisent au plus haut niveau la bravoure et l’honneur, et qui relève de la légende ou du mythe sous d’autres cieux, est une réalité chez nous au Bénin. « Elles ont existé, les amazones, et nous ont matériellement ou immatériellement, engendrés » a expliqué Patrice Talon. Le souvenir des Amazones montre selon Patrice Talon, que les mots, courage, bravoure, force, combativité et honneur ne sont pas exclusifs au genre masculin. «  Par leur existence sur la terre du Bénin, elles ont imprégnée de ces valeurs, toutes les femmes ayant une descendance béninoise ». C’est donc pour leur rendre un hommage bien mérité que « cette statue de toute beauté et de toute grâce sera à nos yeux et à ceux de nos visiteurs, le symbole de la femme béninoise, celle d’aujourd’hui et celle de demain ».

Bio Guera, la Source d’inspiration

En quittant ou en allant à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin, tout voyageur est accueilli par la statue du héros, Bio Guera. Devant la statue de Bio Guera, c’est un président remonté et en même temps fier qui s’est adressé à son peuple. A en croire Patrice Talon, le béninois se rabaisse lui-même. « Nous ne célébrons pas assez ce qui est élogieux en nous et qui, chez les autres, suffit pour susciter de la fierté en soi et en sa communauté » a déploré le Chef de l’état avant d’ajouter « La caricature que nous faisons de nous-mêmes, ce que nous chantons quotidiennement et transmettons de génération en génération, c’est ce qui est négatif, ce qui relève des travers humains de manière générale mais que nous, nous attribuons exclusivement à nous-mêmes au point de les baptiser parfois de « béninoiserie ».

Après cette remarque, le nº1 béninois a appelé à un changement de paradigme. « Il est temps de nous débarrasser de ce faux complexe qui nous isole, nous divise, nous fait avoir peur les uns des autres, nous inhibe et nourrit notre sous-développement. Il est temps de nous découvrir nous-mêmes, de découvrir et de valoriser ce qui est grand en nous>>. Bio Guera incarne la mentalité des peuples du Bénin du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Talon s’y reconnait et le confesse haut et fort. « Moi, je suis conscient que je suis un Bio Guera, je suis conscient que chacun de nous est un Bio Guera ou devra l’être pour défendre notre dignité, notre identité, notre histoire et nous protéger les uns les autres, protéger notre nation et œuvrer à son développement ». Il a invité ses compatriotes à se référer à la grandeur de la statue au quotidien pour s’en inspirer.

Au travers ces trois discours et figures, les Béninois doivent avoir trouvé des ressorts psychologues et mentaux pour revoir leurs perceptions des réalités pourrait-on ajouter.

Arnaud  ACAKPO (Coll)

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