Elections présidentielles 2021 : Patrice Talon, Le dilemme!

 Elections présidentielles 2021 : Patrice Talon, Le dilemme!

Patrice Talon

Se présenter ou ne pas se présenter. Et l’option d’un dauphin ? C’est à cette trilogie qu’est confronté l’actuel locataire de la Marina, le président, Patrice Talon. A sept mois de la fin de son mandat, l’homme du Nouveau Départ et de la Rupture se retrouve dans un profond dilemme.

Damien TOLOMISSI

Lors de la campagne des élections présidentielles de 2016, son slogan était formel « surgir, agir et disparaître ». Des propos confirmés, le 6 avril 2016 à l’occasion de sa prestation de serment, « Je ferai de mon mandat unique une exigence morale ».  Un discours unanimement salué et applaudi. Mais un an plus tard, plus précisément le 7 avril 2017, devant la diaspora béninoise à Paris, la réponse du président Patrice Talon qui avait fait de son mandat unique une priorité a évolué « La question d’une candidature en 2021 est pour le moment indécente. Je viens de subir une opération qui me fait voir la vie autrement, 2021 est trop loin, ce que je ferai à cet instant-là relève de mon opinion personnelle, de ma vie, de mes ambitions, de mes challenges. »

Demandes tous azimuts de second mandat pour Talon

Acteurs politiques, mouvements et associations politiques, femmes des marchés, oracles etc…  ne ménagent aucun effort pour susciter la candidature de Patrice Talon pour un second mandat.  Pour ces derniers « la donne » ou « le contexte » a changé. Raison pour laquelle, l’homme des réformes doit briguer un deuxième quinquennat.  Pour l’ensemble de ces différents acteurs ou mouvements le discours est identique. « Notre pays a pris un nouvel envol. Des réformes structurantes, des réalisations infrastructurelles, des performances économiques confortées par des notations d’organismes internationaux, des mesures de rationalisation dans l’utilisation des ressources de l’Etat, la dématérialisation de l’administration publique, la bonne gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption et des innovations majeures dans plusieurs domaines, sont devenues la norme au Bénin ».  Mieux, ils sont convaincus que cinq ans de plus permettront à l’actuel locataire de la Marina d’achever ses œuvres.

 Au cours des différentes sorties un refrain revient fréquemment « Consolider les réformes et achever les œuvres entamées ».  Un feu annonciateur d’un début de campagne électorale précoce et officieuse. Car la mouvance n’a pas attendu le « Oui officiel » de son candidat avant de commencer par structurer et déployer sa stratégie de contrôle et de séduction dans tout le pays. Preuve qu’elle a déjà une longueur d’avance sur l’opposition peu visible. Un contexte qui renforce davantage les partisans du Chef de l’Etat même si par un communiqué publié ce samedi 29 Août 2020, « La Présidence de la République a invité les mouvements politiques concernés à mettre fin à ce cirque, contraire à la vision du Chef de l’État ».

Une opposition plurielle en quête d’unité

Absente du parlement, elle est sujette à de fortes dissensions internes. Et pourtant c’est un secret de polichinelle que son ambition est de conquérir la Marina en 2021. Face aux querelles de cour de récréation, elle  peine à trouver le nouveau souffle.  Ce qui semble rendre inaccessible le rêve de conquérir le fauteuil de Patrice Talon. Toutefois, il est loisible de relever dans les différents actes publics de ses leaders qu’ils sont conscients que leur salut réside dans la conjonction des forces. L’autre équation à plusieurs inconnues pour les acteurs de l’opposition reste et demeure l’obtention du parrainage même si pour le président des Démocrates, Eric Houndété, il est évident que ce verrou sera sauté: « Il s’agit de demander au gouvernement de constater que c’est une disposition qui n’est pas juste, c’est une disposition qui ne favorise pas une élection inclusive. L’ensemble du pays ne peut pas être exclu (….) A quoi peut-on s’attendre ? A ce que le président Talon soit candidat unique(…) », a-t-il confié au micro de RFI.

Le peuple suspendu à la décision de Patrice Talon

Pourrait-il rester sourd à ses nombreux cris d’appel quoiqu’il ait demandé à ces derniers de s’abstenir pour le moment ? Impossible d’y répondre à l’instant. Car après un seul mandat, la véritable question, c’est de savoir qui pourrait véritablement assurer ses arrières s’il décide de ne plus rempiler ? Et pour cause, avec tout ce que subissent certains membres de l’opposition, par exemple : gel des avoirs, exils, prison…  les partisans du chef de l’Etat ont des raisons légitimes d’avoir peur du retour du bâton. Vu déjà sous cet angle, Patrice Talon pourrait se présenter pour non seulement préserver son héritage, ses partisans mais surtout poursuivre l’œuvre entamée. De même, il pourrait aussi opter quitter le pouvoir en avril 2021 pour l’exemple en respect de la parole donnée. Ceci pour sortir du carcan politique et démontrer que les promesses électorales sont aussi faites pour être respectées. Ce dernier choix selon l’angle de lecture pourrait être traité d’égoïste ou non. A sept mois de 2021, bien malin qui pourrait prédire la suite…

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