Élection présidentielle au Bénin: Mission compliquée pour les émissaires de l’ONU

 Élection présidentielle au Bénin: Mission compliquée pour les émissaires de l’ONU

Jamais une élection au Bénin n’a suscité autant d’intérêt depuis le retour du pays à la démocratie en 1989. Successivement, les émissaires des Nations-Unies, de l’Union Africaine et de la Cedeao ont été dépêchés à Cotonou pour rencontrer les acteurs politiques à savoir le pouvoir, l’opposition et, parfois, les organisations de la société civile.

Resté depuis lors un modèle de démocratie en Afrique, le Bénin avait alors acquis la réputation de pays sûr où les élections se déroulent sans anicroche.

Hélas, ce n’est plus le cas depuis 2017 lorsque les lois issues de la réforme constitutionnelle ont commencé à être mises en œuvre. Dans la foulée, le code électoral a lui aussi été modifié. Et, pour une fois depuis le renouveau démocratique, des scènes de violence ont émaillé les scrutins, notamment les élections législatives ayant connu la participation exclusive des partis issus de la majorité présidentielle.

La situation est donc suffisamment préoccupante pour que la communauté internationale change de position vis-à-vis du Bénin. Lors des différents entretiens qu’ils ont eus avec les protagonistes de l’élection présidentielle,  les envoyés de cette communauté ont tous mis l’accent sur des mesures à mettre en œuvre pour ramener la balle à terre.

Mais, seront-ils entendus? Pour l’instant, chaque acteur semble campé sur sa position. Sur fond d’accusations réciproques, la principale pomme de discorde étant l’accès aux parrainages requis et détenus presque exclusivement par les deux partis au pouvoir. Sur une vingtaine de candidats, seuls trois ont obtenu le fameux sésame, les parrains manquant ayant été gracieusement offert par le pouvoir. Deux grandes candidatures n’ont pas bénéficié de cette générosité, ce qui, naturellement, ce qui amène les deux parties à se lancer des accusations.

La non participation des duos Reckya Madougou  – Patrick Djivo du parti Les Démocrates et celle de Joël Aïvo – Moïse Kérékou n’est pas un détail dans le processus. Il est donc important qu’un compromis soit trouvé afin d’assurer au pays une élection paisible. Ces derniers accepteront-ils de se rallier à un candidat de l’opposition en vue d’une union sacrée contre le pouvoir et la préservation de la paix. Où, au contraire, le président Patrice Talon, candidat à sa propre succession, acceptera-il de discuter avec eux pour un terrain d’entente ?

De l’une ou l’autre des solutions dépendra le succès des missions dépêchées à Cotonou par la communauté internationale.

Pierre Matchoudo

38 vues

Articles similaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *