Dissolution du CNDS : La CSTB se réjouit

 Dissolution du CNDS : La CSTB se réjouit

Le Conseil des ministres du mercredi 19 janvier 2022 a abrogé le décret portant création, attribution, composition organisation et fonctionnement du Conseil national du dialogue social (CNDS).  Un acte qui scelle la dissolution du CNDS. Cette décision a fait réagir le Secrétaire Général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB), Nahini Kassa Mampo.

« Le gouvernement vient de donner raison à la CSTB » a dit d’entrée Nahini Kassa Mampo. Selon le Secrétaire général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin, qui a traité le CNDS d’institution inutile. « Elle est même nuisible  à l’Etat et aux travailleurs » a-t-il martelé. A l’en croire, il n’y avait, donc, pas de raison que le CNDS vive longtemps sous la rupture. Pour se justifier, le SG/CSTB est parti de la genèse de l’organisation. L’idée de la charte instituant le CNDS est agitée puis mise en œuvre à l’époque du ministre Lionel Zinsou, fraîchement nommé par le Président Boni Yayi. Il était composé de 30 membres à raison de 10 choisis par le gouvernement, 10 par le patronat et 10 par les organisations syndicales. La CSTB sous la direction du SG Paul Essè Iko avait attiré l’attention sur le déséquilibre entre les travailleurs qui auront en face un camp majoritaire regroupant l’exécutif et le patronat par rapport à la représentativité en cas de prise de décision. Pis, certaines dispositions de la charte constituaient des pièges et plombent les droits des partenaires sociaux. A l’époque, la CSTB a réservé sa signature parce qu’elle voyait que signer cette charte en l’état « c’est se lier les mains » a confié Nahini Kassa Mampo. « Toutes les six autres confédérations ou centrales syndicales étaient prêtes à parapher le document sauf la CSTB » informe-t-il.

À l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, dès 2016, poursuit-il « le dossier est remis à l’ordre du jour pour aboutir à la création du Conseil national du dialogue social avec de légères modifications dans les attributions. Une fois encore, la CSTB a manifesté son désaccord mais les autres ont, cette fois-ci, accepté. Les CSTB n’a pas voulu siéger au sein du CNDS parce qu’il ne servirait à rien. C’était un conseil budgétivore »

Pour son actuel SG, là où « la Commission nationale de négociation composée des ministres d’état, ministre de la fonction et d’autres autorités avec pouvoir de décision a échoué ce n’est pas un Conseil dirigé par quelqu’un qui a un pouvoir limité qui pourra régler le problème des travailleurs », rappelle-t-il tout en estimant que « Le travail devrait être fait par la commission nationale de négociations. C’est pourquoi notre   position n’a pas changé même après la 3e élection professionnelle. Le gouvernement a compris tardivement ce que la Confédération a vu il y a des années en arrière ». « La CSTB avait raison de dire que le CNDS était budgétivore. Sa dissolution est donc logique et la Confédération est d’avis », conclut Nahini Kassa Mampo.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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