Conséquences dramatiques des coupures d’électricité: Au-delà du CNHU

 Conséquences dramatiques des coupures d’électricité: Au-delà du CNHU

En attendant l’issue du procès des personnes poursuivies dans l’affaire de quatre patients décédés le 7 octobre 2022 au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutougou MAGA (CNHU-HKM) de Cotonou suite à une coupure de courant, la question de la fourniture continue d’électricité reste un défi majeur au Bénin. Au-delà du Centre hospitalier universitaire, c’est la quasi-totalité de la population béninoise qui subit, d’une manière ou d’une autre, des dommages des coupures intempestives d’électricité devenues monnaie courante.

Les faits sont connus de tous les Béninois et ce n’est pas la première fois qu’un centre médical est plongé dans le noir. Mais, cette fois-ci, grâce sans doute aux réseaux sociaux qui ont abondamment relayé les faits, la coupure du 7 octobre ayant entraîné le décès de quatre patients, a été prise au sérieux par les plus hautes autorités. Le 25 octobre prochain, les agents soupçonnés d’avoir été responsables du drame seront jugés au tribunal de première instance de Cotonou.

Quelle que soit l’issue de ce procès, le fait même d’avoir déjà porté l’affaire devant un tribunal est un succès pour l’ensemble des consommateurs qui savent que, désormais, ils peuvent demander des comptes à toute personne physique ou morale responsable de déconvenues du fait de négligence. Presque tous les secteurs de l’administration publique sont concernés par le manque de professionnalisme de certains agents mais ce qui frappe le plus au Bénin est la défaillance du secteur de l’énergie électrique. 

Le Bénin a connu ses pires délestages au cours des années 1996. A l’époque, il arrivait que des quartiers subissent des coupures durant des jours. On expliquait alors la situation par le manque d’eau au barrage d’Akosombo au Ghana, barrage qui fournissait l’électricité à ce pays, au Togo et au Bénin. Des mesures avaient été prises pour amener le Bénin à être autosuffisant en énergie mais en lieu et place, ces efforts ont généré plus de scandales financiers que d’électricité. Des correctifs ont été apportés depuis mais malgré cela, des défaillances subsistent dans la distribution du courant. Au regard de cette situation, le cas du CNHU-HKM n’est qu’une anecdote parmi tant d’autres à l’issue plus ou moins tragique.

Au-delà du secteur de la santé, ceux qui en souffrent le plus sont les artisans et les industriels dont l’activité dépend de la fourniture permanente d’électricité. L’administration publique elle-même n’est pas du reste. Mais, pour faire face à cette défaillance chronique, la plupart des services publics disposent de groupes électrogènes. Mais, dans de nombreux cas, ceux-ci ne sont d’aucun secours car en panne ou manquant de carburant au moment même où ils sont censés être sollicités alors que des budgets pour cela existent.

Pour en finir avec cette situation qui plombe le développement du pays, il n’y a de meilleure solution que la reddition des comptes, comme cela se fait dans le cas du CNHU-HKM. Certes, les personnes présentées au Procureur sont présumées innocentes mais le fait même d’avoir désigné des responsables est un pas qui indique la direction à suivre désormais pour toute situation pareille.

Pierre MATCHOUDO

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