Cinq ans de gouvernance du président Talon: La carte diplomatique passée au scanner

 Cinq ans de gouvernance du président Talon: La carte diplomatique passée au scanner

A la suite de l’élection présidentielle de mars 2016, le Président Patrice Talon et son Gouvernement ont entamé un vaste programme de réformes dans tous les secteurs, y compris celui de la Diplomatie, dans le seul et unique but de réduire le train de vie de l’État et de relancer la croissance économique du pays. Mais cinq ans après, quel est l’Impact de la nouvelle Carte diplomatique sur la Diplomatie béninoise à travers le monde ?

Deux (02) principales réformes ont été engagées au niveau Ministère des affaires étrangères pour la restructuration de la “maison Diplomatie”. Il s’agit de celle qui a conduit à la réduction quasiment de moitié du nombre de Directions et structures, d’une part et le réaménagement de la Carte diplomatique qui a consacré la fermeture et le déclassement de certaines Missions, d’autre part.

Une étude permettra de se prononcer sur l’opportunité du réaménagement de la Carte diplomatique dans le cadre de la mise en œuvre de la politique extérieure du Gouvernement axée sur la mobilisation de ressources à travers une diplomatie plus offensive.

Toutefois, quelques éléments permettront d’évaluer l’efficience de ces réformes sur la base d’indicateurs de performances tels que : la proactivité et la dynamisation de la Diplomatie béninoise ; la fermeture de la majorité des Missions béninoises à l’étranger ; le positionnement géostratégique du Bénin ; et le choix du Personnel chargé d’animer les Représentations diplomatiques et consulaires notamment les Chefs de Missions.

La Proactivité

S’agissant de la dynamisation et de la proactivité de la Diplomatie béninoise, on peut se poser les questions de savoir si les structures de veille stratégique capables d’animer cette proactivité ont été créées et si la fermeture de plus du tiers des Missions béninoises à l’étranger permet d’insuffler au mieux la revitalisation souhaitée ? Le cas du déclassement puis de la fermeture de la Représentation béninoise à Abidjan serait édifiant à souhait.

La fermeture

Concernant la fermeture de la majorité des Représentations diplomatiques et consulaires ; il faut rappeler qu’elle a fait chuter drastiquement leur nombre de trente-neuf (39) à treize (13) actant notamment la non-représentation du Bénin en Afrique noire francophone. On pourrait, à tort ou à raison, penser que l’improductivité de la Diplomatie béninoise est due au nombre pléthorique de Missions, ce qui en soi, reste à prouver. Ainsi, la question pourrait être posée de savoir si ces transformations permettent d’aboutir à l’efficience économique et politique souhaitée surtout lorsqu’on se base sur la portée de l’action des Ambassades et des Consulats Généraux.

Le repositionnement géostratégique du Bénin

Sur ce point, sur la scène internationale, quelques critères qui, s’ils avaient été davantage pris en compte, auraient permis d’aboutir à un réaménagement plus probant. Ces critères concernent essentiellement : le maintien de la présence du Bénin dans les pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies (France, Angleterre, Chine, Russie, États-Unis) ; le maintien de la présence du Bénin dans les pays partenaires traditionnels ou dans les pays ayant le Bénin comme pays de concentration de l’aide au développement et le maintien de la présence du Bénin dans les pays ayant appliqué la réciprocité en ouvrant une Ambassade au Bénin.

Choix du personnel

Relativement au choix du personnel chargé d’animer les Représentations diplomatiques et consulaires, les indicateurs ci-après pourraient, s’ils étaient pris en compte, faciliter la mise en œuvre de la politique extérieure du Gouvernement. Ils ont nom : le respect des textes en vigueur notamment ceux relatifs à la nomination des Chefs de Missions  et une sélection plus pointilleuse et plus judicieuse des Chefs de Missions en fonction de leurs  compétences notamment en veillant à accorder une importance capitale à l’adéquation entre le profil du Chef de Mission et la Mission qu’il est appelé à diriger.

L’espoir est permis

La prise en compte des éléments de réflexions ci-haut mentionnés permettra à coup sûr aux dirigeants, de procéder, à l’avenir, à des réformes plus efficientes dans le secteur de la Diplomatie au Bénin, seules gages d’une meilleure santé de la politique extérieure du pays en ceci qu’elle permettra une mise en œuvre plus aisée du genre de diplomatie pour lequel le Bénin a opté.

La Rédaction

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