Joueurs bloqués? Regarder vers l’avenir !

 Joueurs bloqués? Regarder vers l’avenir !

Le sort en est jeté, avec les péripéties et les rebondissements du feuilleton de la libération ou non des joueurs évoluant dans l’Hexagone en particulier, et en Europe en général. L’amer constat qui saute aux yeux, est l’allégorie du verre. Perçu à moitié plein, pour les pays capables de respecter le modus vivendi proposé par la partie française et quasi vide pour les pays, probablement les plus nombreux, qui ne peuvent ou ne sont pas en mesure de s’autoriser un tel luxe, au regard de leurs trésoreries et des contingences multiples liées à la grosse et sempiternelle problématique de l’accès de leurs populations aux services sociaux de base de qualité. Sauf, si pour d’autres raisons que seuls les politiques maîtrisent les contours, un État décide “souverainement” de prendre le pari d’engloutir ses ressources dans une telle opération onéreuse, dont personne ne saurait présager in fine du résultat. À moins qu’un mécène, fou passionné de football ne fasse parler sa générosité ou même sa fibre patriotique pour voler au secours d’un État. Des États, du reste, déjà pointés du doigt pour leur propension à faire la part belle au foot, souvent au mépris des autres disciplines sportives qualifiées de mineures, alors même que ce football n’a la moindre ligne de palmarès à exhiber. Ou encore, qu’un joueur par sa classe et surtout par sa sensibilité aux souffrances des braves populations qui triment pour assurer le quotidien, ne décide d’offrir grâcieusement ses services à ses coéquipiers et compatriotes, comme c’est le cas du bien nommé Guinéen, Naby KÉITA, sociétaire de Liverpool et capitaine du Sily national.

Quid du Bénin ? Au dernier pointage, le gouvernement va jouer dans la cour des grands, en emboîtant le pas au Sénégal, respecter le protocole établi par le gouvernement français. Nos internationaux vont être “libérés” et pourront défendre, on l’espère le drapeau national afin qu’il flotte majestueusement sur le sol camerounais en 2022.

Au-delà de cette option, c’est une nouvelle ère qui doit s’ouvrir pour les sélections africaines qui ont insidieusement glissé dans une dépendance quasi névrotique des joueurs dits expatriés, surtout évoluant sur le vieux continent. Au point où les regroupements et matchs amicaux sont obligés d’être organisés loin des yeux des fans et du contribuable, avec en prime des sorciers blancs comme sélectionneurs et qui passent le clair de leur temps en Europe pour soit disant, superviser les joueurs. Pendant ce temps les joueurs locaux sont sous côtés, sans aucun suivi. Tout comme les championnats qui les révèlent. Pas d’organisation, de formation et de financement adéquats pendant que des milliards partent en fumée pour le compte des sélections fanions improductives. Un schéma implacable qui est entrain de condamner tout doucement le football africain désormais calqué sur le modèle européen dont il n’a pas les moyens.

La pandémie du coronavirus est une chance unique pour rebattre les cartes et revenir avec intelligence aux fondamentaux : la restructuration et la résurrection des championnats nationaux. La CAN n’est pas l’Euro. Fort heureusement, c’est un pays qui doit servir de modèle en la matière, l’Égypte qui détient le record de trophées de la CAN, sept (7) au total. Et le CHAN doit être mille fois revalorisé autant que les joueurs locaux par la CAF, si elle tient à sortir de son confinement actuel. Naturellement, le Bénin est convié à suivre ce chemin. Il en va de la croissance de son sport.

Ouorou-Asso BABERI

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