CAN Cameroun 2021: Si proche… Si loin pour les Écureuils

 CAN Cameroun 2021: Si proche… Si loin pour les Écureuils

Et pourtant, ils la tenaient. Dans la douleur, ils la tenaient tout de même. Dans l’incertitude, ils s’accrochaient.

Malgré un non match, les Écureuils du Benin, se sont agrippés au point du nul zéro but partout. Un point à valeur de cinquième qualification à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Un point conservé et entretenu dans les tripes jusqu’à la 30ème seconde de la 92ème minute où tout s’effondre (0-1).

L’ultime corner, l’ultime action du match pour sanctionner ce duel fratricide fatal.

Une minute plus tôt, le maigre public qui a pu avoir accès au stade exécutait déjà l’hymne national en guise de fierté. Entre crainte cartésienne et optimisme béat, l’on se congratulait d’avoir réussi à assurer l’essentiel. La qualif. Tous debout, pour sauter et sautiller de joie au dernier coup sifflet de l’arbitre. Alors les 30 dernières secondes se sont présentées comme l’attente la plus longue de toute une vie. A l’extérieur du stade, l’ambiance est encore plus démentielle. Même recalés et grillés au soleil (en raison du huis clos du match), les supporters se font entendre. Chants, danses, animations folkloriques, ça bouge, ça pousse, ça galvanise. Un véritable festival de joie plombé par un coup de grâce. Sur le corner de la dernière chance, le Nigéria, qui a carburé à 1000km /h toute la partie joue sa chance à fond. Le rêve d’une qualification s’effrite par la tête de Paul Onachu. «C’est cruel pour le Benin » clame le commentateur du match pour la radiodiffusion nationale (ORTB), les deux mains sur la tête. Cruauté, un mot qui apparaît comme un euphémisme pour désigner le désarroi de toute une nation qui a vu voler en éclats tous ses espoirs. « Non !!! Pas la dernière seconde. Non pas ça !!!  » Marmonne un autre confrère, comme si ces mots pourraient être assez forts pour changer le destin. Personne n’y comprend rien, même pas Michel Dussuyer groggy, dont la sérénité légendaire n’aura pas suffi. Cette fois-ci.

Autopsie d’une désillusion

Les super Eagles avaient validé leur qualification pour le Cameroun, même avant l’entame de match. Le nul entre Le Lesotho et la Sierra Leone avait raccourci le chemin pour Gernot Rohr et ses poulains. Dans cette configuration, un match nul qualifiait les deux équipes. Mais sur le terrain, on y avait qu’une seule équipe qui existait. Celle du Nigeria. Comme si Victor Oshimen et ses coéquipiers avaient à cœur de prouver quelque chose. Le déferlement de la vague verte se heurte à chaque fois sur un mur jaune bien en place. Comme d’habitude. Mais le projet de jeu présenté par les Béninois était bien plus pâle que d’habitude. Avec un milieu de terrain complètement absorbé par Wilfried Ndidi qui y régnait en maître. La combativité de Sessi d’Almeida et l’abattage de Jordan Adeoti n’auront pas suffi pour faire le poids. Soukou et Dossou privés de ballon sont donc obligés de faire le “boulot” défensif. Conséquence, un peu moins de lucidité dans les rares transitions offensives. Le Benin a accepté volontiers de souffrir pour s’offrir un voyage tranquille en terre sierra léonaise. Mais à force de trop tirer sur la corde, elle finit par se raidir et se casse. A force de beaucoup reculer, les Béninois ont fini par craquer face à une équipe nigériane qui est contente de faire tomber 8 ans et 16 matchs d’invincibilité du Benin à domicile. Le community manager de l’équipe ne s’est pas privé de le mettre sur Twitter.

Le Benin, un jusqu’au-boutiste

Jamais les Ecureuils du Benin ne se sont qualifiés avant la dernière journée pour une CAN: En 2003 victoire face à la Zambie (3-0), en 2007 victoire également à l’extérieur face à la sierra Leone (0-2), en 2009, le Benin composte son billet après avoir été vainqueur du Ghana à domicile (1-0) et en 2019, les Écureuils triomphent au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou face au Togo (2-1). Un pedigree qui laisse transparaître clairement que les Ecureuils portent les gènes d’un jusqu’au-boutiste. Ce n’est que l’histoire qui se réécrit à nouveau face à des Leone stars qui n’ont jamais été autant si proches d’une qualification. Ils ont leur destin entre leurs pieds. Mais la défaite est interdite pour Michel Dussuyer. En tout cas si on veut s’offrir une place au Cameroun. Un match nul suffira pour ramener la qualification au pays. C’est tout un peuple qui attend et espère. Avec la défaite du samedi 27 mars 2021, le Cameroun est désormais à la fois si proche… Si loin.  La CAN, c’est comme le nectar des dieux. Après y avoir pris goût, difficile de s’en priver.

Robert KEKELY

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