Activisme politique au Bénin : Sauvons l’essentiel!

 Activisme politique au Bénin : Sauvons l’essentiel!

Depuis  les premières heures de ce mardi 6 avril 2021, on note au Bénin des manifestations qui se déroulent dans certaines villes. Des jeunes furieux enflamment des pneus, barricadent des routes et, occasionnellement, s’en prennent aux affiches de la campagne présidentielle du dimanche 11 avril 2021. 

Les manifestants font ainsi suite à l’appel de l’opposition qui exige le départ du président Talon qui venait de boucler les cinq ans de son premier mandat. En effet, ce dernier a vu son mandat prolongé de 45 jours suite à l’adoption d’une nouvelle constitution sous son impulsion, ce que n’accepte pas l’opposition radicale dont les candidats n’ont pas pu obtenir le parrainage exigé pour  participer à l’élection présidentielle prévue pour le 11 avril prochain.

Il est trop tôt pour établir le bilan des protestations en cours mais d’ores et déjà, il est à constater qu’elles ne sont pas suivies de vandalisme de grande ampleur. Présents là où ils sont disponibles, les policiers se contentent de les disperser.

Cependant, il reste que, depuis des décennies, c’est la première fois que des manifestations d’une telle ampleur sont organisées à la veille d‘une élection présidentielle au Bénin. En 1989, des soulèvements avaient eu lieu pour exiger la fin du régime marxisme-léninisme mais ceux-ci s’étaient limités à Cotonou et environs. Ce fut également le cas en 2015 sous le président Yayi Boni lorsque la population de Cotonou a envahi les rues pour « protéger » l’ancien ministre Candide Azannaï qui craignait pour sa sécurité. Récemment, en avril 2019, les législatives desquelles l’opposition s’est sentie « exclue » ont été suivies de manifestations violentes. Le Bénin vient donc ainsi de franchir un nouveau pas vers la contestation de ses dirigeants.

Il urge que les différents acteurs mettent la balle à terre et posent des actes de paix. Car l’expérience montre que lorsque de telles contestations vont crescendo, l’issue n’est jamais bonne pour les pauvres citoyens. Le gouvernement a donc tout intérêt à reprendre le contrôle de la situation pour une paix durable. Considérer ce qu’il se passe actuellement dans le pays comme un simple mouvement d’humeur serait une erreur préjudiciable à la stabilité du pays.  Comme l’a dit Félix Houphouet Boigny « La paix n’est pas un vain mot mais un comportement ». « Créer des liens de paix est un gage puissant de prospérité », a indiqué Marion Hallet.

Pierre Matchoudo

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