Vie des partis politiques au Bénin: FCBE, opposition ou mouvance !

 Vie des partis politiques au Bénin: FCBE, opposition ou mouvance !

Hounkpe-Talon

Il n’y a pas de démocratie sans une véritable opposition.  Parce que l’existence d’une opposition est aussi vitale pour la démocratie que le sang pour l’organisme. Malheureusement au Bénin, pays démocratique, le grand parti qui devrait jouer convenablement ce rôle : les Forces Cauris pour un Bénin Emergent peinent entre hésiter et s’imposer.

Damien TOLOMISSI

« L’opposition fait toujours la gloire d’un pays. » a écrit Ernest Renan dans ‘’Discours et Conférences’’ (Paris, Calmann-Lévy, 1887). Une affirmation qu’on a du mal à coller aux Forces Cauris pour un Bénin Emergent,  seul grand parti de l’opposition au Bénin pour l’instant. Et pour cause, ce parti a vraiment du mal à se montrer à la hauteur de la tâche qu’il s’est  assigné. Muet très souvent sur certains dossiers de l’actualité politique, le parti donne l’air depuis le départ de certains caciques et surtout de l’ancien président de la République, Boni Yayi d’être un château de carte ou en crise.

En témoigne, les évènements qui se sont déroulés pour que ce parti puisse perdre le contrôle de la mairie de Parakou au lendemain des dernières élections communales et municipales de mai 2020.  Selon les propos de Ousmane Traoré, première victime de la décision, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le recours d’invalidation de son siège a été initié au sein de son propre parti, FCBE. « C’était parti pour que le siège de Ousmane Traoré soit invalidé, afin que son suppléant ne vienne siéger. Je suis comme un danger, il fallait tout faire pour invalider mon siège. Dieu étant amour et qu’il ne dort pas, a dit qu’il vaut mieux que ce soit le parti qui perd », avait-t-il déclaré.  

FCBE, opposition ou anti chambre du pouvoir

A la veille des élections communales et municipales, le président d’honneur des Forces Cauris pour un Bénin Emergent, Boni Yayi n’a pas hésité à claquer la porte.  “J’ai donc le regret de vous annoncer que je me retire du parti FCBE et je demande à tous les militants de prendre leurs responsabilités et décisions selon leur conscience au regard de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du nécessaire développement de notre pays. Je souhaite qu’ils ne s’écartent pas du peuple et de l’intérêt général », avait écrit sur son compte Facebook, l’ancien président de la République en avril 2020.  

Il a d’ailleurs poussé le bouchon très loin en accusant les nouveaux dirigeants de cette force politique d’être des appendices du pouvoir en place et non de l’opposition. « Je ne saurai cautionner un tel état de fait. Je ne saurai militer au sein d’un parti qui a été confisqué en raison de son engagement pour le retour de l’État de droit et de la démocratie et qui tenait à rester dans l’opposition à la gouvernance actuelle des affaires de notre patrie commune… Nous ne pouvons, en face d’une évidence manifeste, nous faire complices de nos bourreaux désormais tapis dans notre maison et je ne saurai faire campagne pour mes compatriotes dont je ne connais ni la vision ni le positionnement par rapport à la ligne politique du parti à sa création à Parakou », avait-t-il dit.

Une accusation qui a été réfutée par  Paul Hounkpè, Secrétaire exécutif national des FCBE en son temps sur Urban FM de Parakou « Si nous, on cherchait à être positionnés dans les blocs de la mouvance, on serait parti avant les élections législatives », avait-t-il déclaré avant d’ajouter « Nous sommes restés jusqu’à subir tout ce que nous avons subi et c’est nous qui avons tout fait pour que le parti devienne officiel aujourd’hui. Donc si nous étions animés d’une intention d’être positionnés sur une liste d’un bloc appartenant au pouvoir, est-ce qu’on serait allé chercher le récépissé ? », s’interrogeait-il. « …Tout ce qui se dit n’a pas de cohérence, pas du tout », a-t-il conclu.

Ils ont d’ailleurs payé ces erreurs en sortant déplumés des élections communales de mai 2020 avec 14, 98% soit 6 maires élus sur les 77. Les deux blocs proches du Chef de l’Etat, Patrice Talon avaient simplement tout raflé. L’Union Progressiste (UP) obtient 39,97% des suffrages exprimés tandis que 37,38% des électeurs ont accordé leur confiance au Bloc Républicain (BR).

Une opposition doit-elle être seulement formelle ?

Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés.  Elle incarne aussi la possibilité d’une alternance politique et  participe à l’existence du pluralisme politique. Au regard de ses fonctions, une opposition dans un état démocratique doit être non seulement formelle mais aussi fonctionnelle. C’est ce à quoi on devrait assister avec les FCBE qui malgré toutes les difficultés auxquelles ce parti est confronté devrait se montrer plus actif.

Ceci à l’image de leur sortie du 2 septembre 2020 où le parti a exprimé sa volonté de voir des représentants de l’opposition au sein du COS-LEPI, organe en charge du fichier électoral au Bénin. « L’installation et la reprise des activités d’un COS-LEPI monocolore sans l’opposition et plus particulièrement sans la FCBE disposants des élus communaux et municipaux dans différentes localités du pays, méritent d’être corrigées pour une liste électorale consensuelle », a écrit le parti.

 De toute façon, avec la création du nouveau parti ‘’Les Démocrates’’,  les responsables des Forces Cauris pour un Bénin Emergent ont l’obligation de changer de fusils d’épaule.

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