Sociétés sportives : Concilier enthousiasme et réalisme !

 Sociétés sportives : Concilier enthousiasme et réalisme !

Oswald Homeky

Le volontarisme affiché par le gouvernement pour sortir notre sport de l’ornière, mais surtout pour en faire un secteur économique vital est à saluer. On peut même s’avancer pour dire que s’il est un domaine dans lequel l’action gouvernementale a clairement produit des résultats tangibles, c’est bien dans le secteur sportif. Et comme souvent, quand l’engagement est sincère et ne fait pas défaut , on y voit les prémices. Les performances obtenues sur le terrain, seul baromètre qui vaille quand on parle de sport, en disent long sur l’image de respect que renvoie dorénavant le Bénin sur la scène internationale. Mention spéciale au passage pour le maître d’oeuvre de cette nouvelle alchimie, le ministre des sports, qui a l’avantage de s’y connaître. The right man at the right place.

La suite logique pour étendre sur la durée les fruits de cette embellie, est la professionnalisation, donc le basculement vers le sport business qui est l’élément moteur capable d’assurer la continuité des performances sur et en dehors des terrains. C’est donc le leitmotiv du ministre qui au vu de l’attelage mis en place, veut aller très vite. Il est vrai que nous avons pris assez de retard dans l’organisation de notre sport d’élite. Mais le chantier de sa mise en orbite est bien vaste et a besoin de temps pour réaliser la symphonie attendue. Le sport professionnel est libéral par essence. L’État crée le cadre juridique et réglémentaire et veille à son respect par les acteurs concernés. Sur ce point précis, le gouvernement pour allier célérité et efficacité a souvent procédé à la mise en place d’agence. La complexité de ce chantier obligatoire de professionnalisation de notre sport en l’absence de données existantes et accessibles sur l’étude du marché devrait amener à la création d’une agence spéciale pour conduire ce projet novateur avec toutes les compétences requises. Ainsi le projet se soustrait des dysfonctionnements de l’administration et garantirait sa pérennité puisque les hommes passent.

Dans le lot des acteurs, il y a bien évidemment les chaînes de télévision qui sont des partenaires stratégiques. Que le ministère soit garant de la production de contenus pour donner de la visibilité aux investisseurs pose problème. Quand on sait que l’audiovisuel est budgétivore tant dans l’acquisition des équipements de pointe que dans l’acquisition des droits. Se substitue-t-il au ministère de la communication ? Et si c’est le cas pendant combien de temps ?

Le piège ici dans cette réforme très attendue et menée tambour battant, c’est de vouloir tout embrasser à la fois et courir le risque de s’essouffler en début de chemin.

Ouorou-Asso BABERI

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2 Commentaires

  • What a nice article !
    Honestly !

    • Thank

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