Passage systématique au primaire :Donnons nous le temps et les moyens !

 Passage systématique au primaire :Donnons nous le temps et les moyens !

Sans qu’elle ne fasse curieusement de vagues dans les médias , la circulaire du ministre de l’Enseignement maternel et primaire sur le passage systématique en classe supérieure des écoliers des cours de base, CI, CE1, CM1, avec quelques garde fous retient tout de même l’attention de la rédaction. Bien devant une autre non moins grande actualité :la sortie du ministre des sports pour présenter les modèles des sociétés sportives (nous y reviendrons) qui vont consacrer le basculement de notre sport dans le monde du business.

La mise en application d’une telle circulaire va affecter à tout jamais l’éducation de base en particulier et le système éducatif en général de notre pays en proie déjà à des problèmes presque séculaires de pénurie d’enseignants de qualité, de salles de classes, d’outils pédagogiques de pointe adaptés aux programmes de l’Approche Par Compétences , sans occulter le ratio écoliers / enseignants qui reste une gageure. Un chapelet de difficultés qui résistent aux efforts tangibles du gouvernement dans ce sous secteur réputé éruptif il y a peu, avec son cortège d’années académiques tronquées par des grèves perlées sans issues .

La mesure si elle est conforme aux conclusions de travaux antérieurs des acteurs de l’école sur le plan international voire national suscite des appréhensions dans notre contexte où la collaboration famille /école est pratiquement inexistante exception faite de quelques éclairés en milieu urbain. Comment alors pouvoir concilier dans ces conditions la lutte  contre l’échec scolaire et le maintien des enfants dans le système jusqu’à la fin du premier cycle du secondaire qui est la limite supérieure de notre éducation de base ? La prescription réglementaire de faire suivre un écolier sur deux années académiques, CI CP, CE1 CE2, CM1 CM2, par un même enseignant est-elle toujours  réalisable avec la masse des écoliers dans le public de plus en plus sollicité, la non maîtrise des effectifs et la gestion des carrières des enseignants soumis à des mutations parfois perçues comme des sanctions ?

Autant de questions de fond qui méritent des réponses appropriées pour ne pas déchanter très tôt à l’aune des résultats induits sur le niveau de nos apprenants. Car, c’est connu, “Dis-moi l’école que tu as et je te dirai l’avenir que tu prépares”.

Ouorou-Asso BABERI

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