Moussa Latoundji : L’intérimaitre !

 Moussa Latoundji : L’intérimaitre !

Après 10 jours passés à Antalya en Turquie, les Écureuils achèvent un stage ponctué de trois matches amicaux sous la houlette de Moussa Latoundji, sélectionneur intérimaire. Et déjà la méthode Moussa séduit.

Les plus complotistes voyaient en Moussa Latoundji une bête jetée en pâture pour camoufler un manque de planification de l’administration de la Fédération Béninoise de Football et du Ministère des Sports dans la nomination du remplaçant de Michel Dussuyer. Les plus critiques y voyaient un adjoint de Michel Dussuyer sans charisme et expérience internationale à même de diriger une sélection. Un ovni parti saborder sa toute petite crédibilité dont il est encore crédité. Les plus patriotes décelaient en lui un technicien capable de redonner un nouvel élan à une équipe qui reste sur deux désillusions coup sur coup, après un flatteur quart de finale joué à la CAN 2019.

En 10 jours l’ancien milieu de terrain des Écureuils, a mis toute l’opinion d’accord sur sa capacité à présider aux destinées de l’équipe fanion béninoise. C’est peut-être un peu trop tôt de parler d’une « patte » Moussa Latoundji. Néanmoins à l’aune des résultats, il ne serait point superflu de penser que l’unique buteur du Bénin à la CAN Tunisie 2004 a réussi à remettre sur les rails une équipe en panne de certitude.

Des résultats éloquents

03 matches, 02 victoires (contre le Liberia et la Zambie) et un match nul (face au Togo), c’est ainsi que le Bénin remporte l’Antalya Cup avec 7 buts marqués et seulement 02 encaissés. Soit un ratio de 2,33 buts marqués / match.

Au delà de ces chiffres qui renseignent sur l’état de forme du secteur offensif longtemps décrié pour son inefficacité Ndlr (pour la campagne des éliminatoires de la Coupe d’Afrique 2021 et Coupe du monde 2022 par exemple, le Bénin a marqué 08 buts en 12 matches, soit 0,66 but / match.) c’est la philosophie de jeu de Moussa Latoundji qui transparaît. En optant pour un 4-4-2 avec Soukou et Dossou en piston et Ayegun –  Mounié devant, ce sont quatre joueurs à vocation offensive qui sont alignés d’entrée. Ce qui tranche avec le système de jeu de Michel Dussuyer, qui lui opte pour un 3-4-3 mais animé en 5-4-1 avec trois défenseurs centraux. Son plan de jeu est clair  « mettre un pressing haut et surtout dès la perte du ballon » confie un joueur de l’effectif. Ce qui n’étonne guère puisque l’homme est issu de la formation allemande Ndlr ( cursus d’entraineur). Un pur produit germanique visiblement très en accord avec ce gegenpressing théorisé par Arrigo Sachi en Italie et par la suite adopté et répandu en Allemagne grâce notamment à Ralf Rangnick, actuel entraîneur de Manchester United.

 « Il nous demande d’être très appliqué techniquement. Et avec l’envie et la détermination qu’il dégage, clairement au niveau de nous joueurs, ça suit  » renchérit notre source manifestement conquis, avant de relativiser :  « Il faut dire aussi que Michel Dussuyer a abattu un gros travail dont il bénéficie aussi. Même s’il a ses idées qu’il prône et nous joueurs, on y adhère. »

Ni doux… Ni dur…

Le sélectionneur intérimaire des écureuils semble avoir un ethos social élogieux au sein du groupe Écureuils. Dans tout son naturel, il a pu gérer au mieux son effectif avec un mix des anciens et des nouveaux ou des plus jeunes, qui hier, ne disposaient pas de temps de jeu conséquents.

Ainsi, Rodrigue Kossi, Tidjani Anaane, Junior Olaïtan, Marcellin Koukpo et même Marcel Dandjinou ont pu glaner des minutes. Tout comme la nouvelle pioche Tosin Ayegun qui s’est de suite imposée dans l’attaque béninoise, sans oublier le jeune prometteur Ange Josué Tchibozo.

Dans sa méthode, le sélectionneur par intérim essaie d’être fédérateur.  « il n’est ni doux, ni dur  » confie un joueur interviewé. Ce n’est donc ni Mickey Mouse encore moins Docteur gang. Mais un entraîneur qui tente d’écrire sa petite histoire à la tête des Écureuils.

La parenthèse de l’intérim est un véritable coup de maître. A l’heure où le continent semble se propulser dans une nouvelle ère en optant pour des sélectionneurs locaux à la tête des équipes nationales, le Bénin peut aussi militer pour cette option. Surtout que les résultats suivent. Sur les cinq représentants de l’Afrique à la Coupe du monde, quatre pays disposent de sélectionneurs locaux : Ghana, Sénégal, Tunisie et Cameroun. Moussa Latoundji peut rêver.

Robert KEKELY

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1 Commentaire

  • Ce Mr KEKELY m’impressionne.
    Quelle belle plume !

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