Lolo Chidiac: Le lion du nord a tiré sa révérence

 Lolo Chidiac: Le lion du nord a tiré sa révérence

Deux fois emprisonné par le président Soglo au pouvoir entre 1991 et 1996, Michel Lolo Chidiac est décédé ce vendredi 1er octobre 2021 à Parakou. Si sa personnalité et son rôle sur l’échiquier politique local et national est des plus controversés, il restera tout de même un pilier important de cette ville à laquelle il a dévoué toute son énergie et sa fortune.

Lolo, tel que tout le monde l’appelle dans cette ville a plusieurs fois été accusé d’être le financier des mouvements de contestation violente qui ont émaillé les élections présidentielles. Ainsi, au lendemain de l’élection du président Nicéphore Soglo en 1991 au cours de laquelle il avait soutenu Mathieu Kérékou, il fut arrêté et accusé d’avoir été l’un des principaux acteurs des troubles à relent ethnique qui ont entraîné la fuite massive des populations originaires du sud. Emprisonné, il fut gracié deux ans plus tard, avant d’être à nouveau condamné à la prison ferme, en 1996 sous le même président Soglo dans une autre affaire. Cette fois, il s’agissait d’un dossier relatif à l’importation des armes-des roquettes- destinées à servir lors d’un putsch. Le candidat Mathieu Kérékou, qu’il affirmait financer, ayant remporté le scrutin, il espérait sa libération ce qui n’a été fait qu’au terme des deux ans de peine dont il a écopé.

Fils d’un transporteur libanais et d’une mère originaire de Parakou, il vécut au Niger où sa mère s’est remariée après le départ de son père du Dahomey alors qu’il n’avait que 10 ans. Dans son pays d’adoption, le jeune Lolo milita au sein d’un parti politique où il s’est initié à la guérilla et à l’utilisation des armes à feu russes.

Revenu au Bénin en 1960, il intégra le RDD de Hubert Maga, le premier président du pays, lui aussi de Parakou. Selon plusieurs sources, usant de son charisme, il mobilisait alors la jeunesse parakoise, notamment du quartier Yarakinin. Il était alors très redouté des ressortissants du sud du pays. Soupçonné d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat, il fut emprisonné en 1963 par le président Justin Tomètin Ahomadégbé. Mais, même dans les geôles, Michel Lolo Chidiac avait l’art de transformer sa cellule en une cellule politique à partir de laquelle il pouvait diriger des opérations. Il aurait d’ailleurs affirmé être « au courant de tous les coups d’Etat organisés au Dahomey ».

Ces dernières années, le Lion du Nord s’est retranché chez lui à Parakou, affaibli par le poids de l’âge. Il a tiré sa révérence au centre hospitalier universitaire départemental du Borgou.

Pierre MATCHOUDO

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