Liberté de presse au Bénin: Le président Talon en parle

 Liberté de presse au Bénin: Le président Talon en parle

President de la République du Bénin

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président de la République a répondu à plusieurs questions notamment celles du droit de grève et la liberté de presse.

Jeune Afrique : Est-ce dans ce cadre vous avez restreint le droit de grève ?

Patrice TALON : Je ne l’ai pas restreint, je l’ai encadré. Ce qui, j’en conviens, peut être interprété comme un recul, même si c’était, là encore, nécessaire. Aucun pays ne peut se développer avec des écoles, des hôpitaux et une fonction publique en grève une semaine sur deux tout au long de l’année. Certes, vue de l’étranger, le Bénin était une démocratie pagailleuse, sympathique et diminue à qui on jetait des miettes de pains pour se donner bonne conscience. Certains ont trouvé leur compte dans cette anarchie nourrie de mendicité. Moi non, et c’est toute la différence.

Il y a cinq ans le Bénin était plutôt mal placé en Afrique de l’Ouest quant à  l’indice de développement humain. Et en tête du classement selon celui de la liberté de la presse. Aujourd’hui c’est l’inverse comment vous l’expliquez?

Nous sommes dans un pays où désormais chacun doit répondre de ses actes, de ses écrits et de ses paroles. Pourquoi un policier qui rançonne  sur la voie publique ou un médecin qui commet une erreur grave devrait il rendre des comptes si un journaliste coupable de diffamation est exonéré de toute poursuite? Nous ne faisons pas la chasse aux médias, mais il n’y a plus au Bénin de corporation intouchable.

Personne ne dit qu’un journaliste est au-dessus des lois ni à l’abri d’éventuelles condamnations. Le problème c’est la prison. Doit-on incarcérer pour un délit de presse?

En réalité le code de l’information et de la communication a déjà dépénalisé les délits de presse au Bénin. Les condamnations de journalistes que vous évoquez l’ont été sur la base du code du numérique, qui prévoit que celui qui nuit à autrui par un moyen électronique  en soit jugé responsable. Où est le problème? Pour le reste rassurez-vous: on peut critiquer Patrice Talon dans les médias béninois. C’est d’ailleurs un exercice quotidien, et, à titre personnel je n’ai jamais poursuivi un acteur des médias.

Source : Jeune Afrique

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