Immigration : Le Bénin sur la liste rouge

 Immigration : Le Bénin sur la liste rouge

Trois pays africains dont le Bénin ont été retirés de la liste des pays d’immigration dits « sûrs » de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Le Conseil d’Etat français a retiré le vendredi 2 juillet 2021, les Républiques du Bénin, du Sénégal et du Ghana de la liste française des pays dits  »sûrs ». Une décision dont la motivation première serait la protection des personnes LGBT et la volonté d’offrir à leurs ressortissants l’espoir d’une procédure d’asile plus clémente en France. Le Bénin était déjà dans une délicate position. En Septembre 2020, l’OFPRA avait suspendu le Bénin de sa qualité de « pays d’origine sûrs » pour douze mois. Il vient cette fois d’être définitivement basculé dans la liste des pays non sûrs.

Plusieurs associations ont par ailleurs contribué à cette décision de l’OFPRA. Elles s’en sont remises à la plus haute juridiction administrative afin qu’elle mette un coup de tipex sur le nom de certains pays qui étaient classés dans les pays d’origine sûrs. Après la décision de l’institution, les associations se réjouissent mais ne sont pas satisfaites pour autant. Forum réfugiés-Cosi par exemple, autre association partie au dossier, « se félicite » également d’une décision « qui améliore les garanties procédurales et les conditions d’accueil pour les ressortissants de ces pays », dont près de 2 000 sont demandeurs d’asile en France en 2020.

Il faut souligner que le retrait du Bénin et des autres pays est rétroactif. « Ce qui signifie que les demandeurs d’asile originaires de ces pays doivent voir leur demande reclassée en procédure normale » et non plus accélérée, estime Forum réfugiés-Cosi.  : « Les décisions d’éloignement prises à leur encontre alors qu’ils sont encore en phase de recours devant la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) ne sont par ailleurs plus fondées, tout comme le retrait des conditions matérielles d’accueil notamment financières, qui doivent donc être rétablies », se réjouit l’association.

Une décision qui « n’a aucune incidence sur l’exigence d’un examen individuel (…) des demandes d’asile émanant des ressortissants de ces pays et  sur la possibilité pour ces ressortissants de bénéficier du statut de réfugié (…) quand cet examen fait apparaître un besoin de protection » a martelé l’OFPRA.

Léonard SONEHEKPON

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