Enfin, la France face à son passé colonial

 Enfin, la France face à son passé colonial

France

Le lourd passif de la colonisation française en Afrique, et même dans le monde a été longtemps éludé par la mémoire collective hexagonale. En atteste le peu de cas fait de cette période dans les ouvrages qui font l’objet de programmes d’enseignement. Quasiment pas de trace de violations massives des droits de l’Homme et des peuples dans l’empire colonial par la mère patrie  de toutes les formes de liberté, la France. Gênant et paradoxal pour un pays qui officiellement, a toujours pris fait et cause pour les opprimés de tous ordres de la planète et vanté son modèle d’intégration, bleu, blanc, beurre à l’occasion du triomphe des bleus à la Coupe du Monde 1998 . Que savent par exemple les citoyens anonymes français de la guerre d’Algérie entre 1954 et 1962 qui continue d’agiter les rapports entre ces deux pays pourtant liés par un même destin méditerranéen ? Perçoivent-ils le déchirement profond dans lequel s’abîment les Harkis, délaissés à leur triste sort de sans “identité”, méconnus en France et vomis en Algérie ? Que signifie l’évocation des noms comme Um Nyombè, Félix Moumié, Barthélémy BOGANDA pour ces mêmes citoyens ? Pas grand chose, alors que ce sont là, entre autres, les victimes  de la violence inouïe et disproportionnée de l’administration et de l’armée coloniales qui exécutaient des ordres venant de Paris. Ces figures de proue de la lutte pour les indépendances dans l’Afrique Équatoriale Française continuent d’inspirer les générations montantes en quête de modèles. Les mêmes observations sont valables pour chaque colonie, qui continue de panser les plaies restées béantes par le traumatisme colonial. Au Bénin, ancien Dahomey, quelles mémoires soulignent la barbarie et la déshumanisation dont ont été victimes les résistants, Kaba et Bio GUERRA dans leur lutte face à l’occupation française ? Il ne sera pas évoqué ici les guerres que l’armée coloniale a mené contre BEHANZIN, Samory TOURÉ et la maltraitance des populations à cette période peu glorieuse.

UPI-ONM

Un fait semble encourageant ces derniers temps, la France commence à affronter les zones d’ombre de son passé colonial. Pas seulement au niveau des politiques qui édulcorent leurs discours et leurs postures, mais surtout au niveau sociétal avec les médias les plus influents qui se font écho de ce sombre héritage. La preuve, l’oeuvre cinématographique de Pascal BLANCHARD et David KORN, intitulée “Décolonisations, du sang et des larmes” a été diffusée sur la plus grande chaîne de télévision du service public, France 2. Auparavant, c’est le président MACRON qui a exprimé sa volonté d’assumer le passé douloureux avec l’Algérie. Et a commis le brillant historien Benjamin STORA, l’un des spécialistes chevronnés de l’Algérie coloniale à exhumer les réalités de ce passé. Ajouter à cela, l’actualité de la restitution des biens culturels arrachés au Sénégal et au Bénin. Tout ceci a un sens.

gaskiyani.info

L’histoire des peuples qui se réapproprient leur passé est en marche de façon irréversible. Et la France semble le comprendre avec ce changement de cap dans l’évocation de son passé colonial avec l’Afrique.

Ouorou-Asso BABERI

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