Elections 2023: La transhumance au cœur des législatives

 Elections 2023: La transhumance au cœur des législatives

Que faire des ouvriers de la 25e heure ? La question hante les états-majors des partis à la veille de la constitution des listes électorales pour le compte des législatives de janvier 2023.

Après les vagues de démissions et d’adhésions qui ont secoué les partis politiques au cours des mois de juin à août 2022, c’est maintenant le temps de la clarification, celui de la désignation des militants qui devront porter le drapeau de chaque formation au Parlement. Le Bloc Républicain notamment a connu ces derniers temps le départ de nombre de militants, parfois des personnalités importantes qui reprochaient aux responsables de leur parti leur mode de gestion. Mais en réalité, beaucoup de partants avaient déjà conscience de ce qu’ils ne seraient pas positionnés sur la liste des candidats aux élections législatives. Leur démission est donc en fait une manière de tenter d’obtenir ailleurs ce qu’ils ne pouvaient pas avoir dans leur parti originel.

Les démissionnaires du Bloc Républicain ne sont pas allés grossir les rangs de l’opposition. Bien au contraire : ils se sont rués vers l’Union Progressiste Le Renouveau (UP-R), l’autre parti soutenant le président de la République. Ce qui montre qu’en réalité il n’y a aucune discordance de points de vue quant à la gestion des affaires de l’Etat. Du côté de l’UP-R l’arrivée massive de nouveaux militants permet de franchir tous les obstacles qui se dressent sur le parcours électoral des partis. Au nombre de ces derniers, en plus d’avoir le nombre de suffrages requis pour faire élire des députés, chaque liste doit obtenir un score d’au moins 10% dans chaque région du pays avant de voir ses sièges validés. Ce qui n’est pas gagné d’avance même pour les grands partis.

Mais, au sein des militants des remous s’observent déjà. L’on voit d’un mauvais œil les transhumants qui débarquent dans le but de se voir inscrits sur la liste des candidats. Cela d’autant plus que certains de ces nouveaux venus sont des personnalités capables de mobiliser un grand nombre d’électeurs.

Le risque d’implosion au sein des partis de la mouvance est d’autant plus probable que, à en croire un confrère généralement bien informé, le chef de l’Etat aurait en personne donné des directives permettant d’étouffer tout conflit. Il aurait en effet demandé aux responsables de ses deux partis de ne pas positionner les transhumants sur les listes de candidats. En clair, tout nouveau venu qui rêvait de devenir député doit attendre.

Si l’information se confirme, le plus grand bénéficiaire serait l’UP-R, le plus grand parti de la mouvance. Outre le grand nombre de militants originels, ce dernier s’est enrichi de l’apport du Prd avec lequel il a fusionné, ce qui fait déjà trop de personnes à positionner sur les listes. Patrice Talon aura ainsi rendu un grand service à ce parti dont le président est l’un de ses plus proches.

Damien TOLOMISSI

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