Rock Armel Quenum: « Nous avons décidé de mettre de l’ordre dans la maison »

 Rock Armel Quenum: « Nous avons décidé de mettre de l’ordre dans la maison »

Au Bénin comme partout ailleurs, le sport a été aux arrêts pendant une longue période. La raison de cet arrêt, la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus. Ainsi donc durant 09 mois les dojos ont été rangés  mais depuis peu l’état béninois a ordonné la reprise des activités sportives. Peut-on faire un bilan de la saison sportive 2020 à la Fédération Béninoise de Karaté Do ? Que réserve l’année 2021 au karaté-do ? Dans un entretien accordé à notre rédaction, le président de la Fédération Béninoise de Karaté-Do,  Rock Armel Quenum est revenu sur cette année sportive compliquée mais fructueuse.

Après plus de 09 mois de cessation comment se porte le Karaté-do béninois ?

 Presque rien n’a été fait durant ce temps. Le karaté béninois comme toutes les autres disciplines sportives était à l’arrêt. Cela ne nous a pas empêché de travailler en ligne sous la coupole des instances faitières. Nous avons eu à faire des stages en ligne pour les arbitres et les coachs. Pour ce qui est des athlètes, il a été organisé en décembre dernier  une compétition continentale à laquelle ont participé huit de nos athlètes tous de moins de 14 ans avec au finish quatre médailles dont une en argent et trois en bronze. Des consignes avaient été données afin que les athlètes travaillent chez eux. Avec ces résultats, nous pouvons avoir une idée du travail effectué par chacun d’eux. Les 09 derniers mois étaient donc très compliqués pour nous car nous n’avons pas eu le temps de véritablement travailler comme nous l’avons prévu.

Que retenir donc de cette saison particulière pour ce qui est du karaté-do béninois ?

Pour le Karaté béninois, 2020 devait être l’année de la révélation et aussi de la confirmation après ce qui a été fait en 2019 voire même plus loin. L’année avait déjà bien démarré pour nous. Car, en janvier 2020, nous étions à l’Open de Paris où nous avons pour la première fois passé des tours, nous étions aussi du côté de Bamako au Mali pour le Championnat Région Ouest de l’Ufak d’où nous avons ramené 12 médailles. En Février 2020, nous étions du côté de Dubaï et surtout à Tanger au Maroc pour ce qui est des Championnats d’Afrique de Karaté-do, nous sommes revenus avec 03 médailles toutes en bronze. Notre Fédération a aussi envoyé Oceanne Ganiero dans des compétitions en Europe pour qu’elle puisse glaner quelques points. A cela s’ajoute le premier Championnat africain de Kata des moins de 14 ans qui s’est disputée en ligne où le Bénin a glané  04 médailles. Au cours de chacune de ces compétitions, nous n’avons pas fait piètre figure, nous sommes revenus avec des médailles comme l’on peut le constater.   Les arbitres ont eu à faire des stages, des cours techniques ont aussi été donnés. Seuls les passages de grade n’ont pas été faits. Tout était prévue pour que cette saison soit donc révélatrice mais la pandémie est finalement passé par là et nous a contraints à tout arrêter.

Sur le plan administratif que peut-on retenir ?

La Fédération au cours de cette année a procédé à l’installation de toutes les ligues ce qui ne s’était plus fait il y a plusieurs années. Comme nous l’impose nos textes, nous avons fait le compte rendu des deux dernières années de notre gestion à nos mandants au cours d’une Assemblée Générale de mi-parcours. Aussi, avons-nous procédé à la réactualisation des textes et des statuts de la Fédération Béninoise de Karaté-Do.

Etes-vous satisfait de ce qui a été fait depuis 2018 par votre comité exécutif ?

Au Karaté, le travail est en continu. Donc, nous ne pouvons pas encore nous satisfaire de ce qui a été fait. Il faut toujours se remettre en cause pour chercher le grâle car celui qui a gagné maintenant peut perdre l’instant d’après. C’est donc pour dire que si nous devons nous arrêter pour nous féliciter de ce qui est fait nous allons redescendre. Il y’a encore à faire et donc pensons-y.

L’année 2021, comment vous la voyez ?

2021 va être à 1000 à l’heure. Tous ce qui n’a pas été fait sur le plan sportif en 2020 a été reporté pour 2021. Imaginez ce dont on aura besoin comme énergie, préparation et surtout moyens. Attendons tous donc de voir. Le Karaté est une discipline sportive qui a, au cours d’une année énormément de défis. De Janvier à Décembre, nous sommes toujours en compétition ce qui n’est pas le cas chez certains. Aux compétions inscrites dans le calendrier de cette année 2021, viendront s’ajouter celles qui n’ont pas pu se tenir en 2020 notamment les Jeux Olympiques qui auront lieu au Japon en Août 2021 et les Tournois qualificatifs olympiques qui démarrent déjà en ce mois de février et auxquelles nous participerons si les moyens nécessaires sont au rendez-vous. Nous aurons aussi les championnats du monde et les Jeux Olympiques de la jeunesse pour ce qui est des compétitions internationales. Sur le plan local, nous aurons nos compétitions départementales et aussi nationale.

Les athlètes sont-ils prêts pour faire face aux différentes échéances ?

Il faut reconnaitre que même s’il n’y avait pas la pandémie de la Covid-19, on ne peut pas être véritablement prêt à 100%. Il faut travailler beaucoup. Avec la Covid-19, il y a eu un ralentissement mais s’ils suivaient les consignes qui leurs étaient données pendant le temps d’attente, ils auront une certaine fraîcheur. La fédération elle, fera de son pouvoir pour les permettre d’être aux compétitions. 

Comment feriez-vous pour relever ces défis quand on sait que ce qui est donné n’est souvent pas suffisant pour une année ?

Au Karaté, nous avons appris à nous débrouiller et c’est ce que nous faisons quand il n’y a rien ou quand ce qui devait venir des autorités tarde à venir. Si nous devons attendre avant d’aller compétir, nous ne ferons rien en 12 mois. Donc nous nous débrouillons en attendant. En 2020, nous n’avons pas reçu de subventions mais nous avons participé à toutes les compétitions évoquées dans le bilan, c’est la preuve que nous faisons avec le peu dont nous disposons.

En Février 2020 quand nous devrions nous rendre aux Maroc, le ministère a pris en charge les billets d’avion mais cela n’est pas suffisant pour toute une année. Nous avons toujours besoin des moyens et plus on nous donnera, mieux on aura des résultats positifs. Nous ne sommes plus dans l’idéologie « l’essentiel est de participer » mais nous y allons pour chercher de bons résultats. Donc nous souhaiterions que les moyens soient suffisamment mis à notre disposition et surtout le plutôt possible pour nous permettre de relever les défis de 2021.  Nous remercions par la même occasion le Comité National Olympique et Sportif Béninois pour l’effort consenti de son côté. A plusieurs reprises, il nous est venu en aide pendant ces temps très difficiles.

Au sein du comité exécutif à quoi peut-on s’attendre les années à venir ?

Nous avons décidé de mettre de l’ordre dans la maison. Parce que nous parlons de la professionnalisation de notre discipline mais cela ne peut être fait dans le désordre. Nous ferons certainement des mécontents dans nos reformes et surtout dans leurs applications. Mais c’est le prix à payer pour discipliner la troupe si nous voulons rayonner davantage. Nous allons donc mieux nous organiser sur tous les plans. Déjà nous avons commencé avec l’installation des différentes ligues départementales nous allons continuer surtout dans le suivi de leur fonctionnement.

Propos Recueillis par Damien TOLOMISSI

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