Prise de la pilule du lendemain: Une méthode qui tue à petit coup…

 Prise de la pilule du lendemain: Une méthode qui tue à petit coup…

Les grossesses non désirées et non planifiées sont monnaie courante dans plusieurs localités du Bénin. Et l’une des solutions trouvées par les jeunes filles et dames est l’utilisation de la pilule du lendemain. Une méthode à conséquence puisqu’elle tue à petit coup.   

«Les pilules du lendemain ne sont pas un moyen de contraception durable. Elles sont sur-dosées pour atteindre les résultats», prévient Jonas Kindafodji, consultant en communication pour le développement thématique Santé de reproduction des adolescents et jeunes. Il l’a mentionné lors de la conférence de presse du projet «Plaidoyer pour la protection des enfants au Bénin» dont la thématique était «les grossesses en milieu scolaire». Une initiative de l’Ong Enfants solidaires d’Afrique et du monde (Esam) en collaboration avec les acteurs de la protection des enfants, et avec l’appui technique de l’Unicef-Bénin.

En effet, nombreuses sont ces jeunes filles et dames qui font usage de la pilule du lendemain après avoir eu de rapport sexuel dans l’optique d’éviter d’éventuelles grossesses. Pourtant, cette méthode qu’elles estiment contraceptive n’en est aucunement pas. Au contraire, elle les tue à petit coup. A en croire Jonas Kindafodji, elles doivent utiliser ce médicament, seulement une fois en deux ans. Ce qui, selon ses dires n’est nullement le cas chez les jeunes filles. «Il est interdit de prendre deux fois ces pilules dans une même année», a-t-il insisté.

Quid de la responsabilité de l’ordre national des pharmaciens du Bénin…

Même si ces pilules ne circulent pas comme du pain dans les rues, les jeunes filles les utilisent pour prévenir une éventuellement grossesse après un instant de plaisir. Pourtant, elles s’en procurent dans les pharmacies sans prescription d’une ordonnance médicale. D’où la responsabilité de l’ordre national des pharmaciens du Bénin qui doit veiller à cet état de chose. L’Etat béninois, à travers le ministère de la Santé doit jouer son rôle afin d’interdire la vente de ces pilules sur l’étendue du territoire national ou au pire des cas, encadrer la façon dont cela se vend dans les pharmacies. Une telle précaution permettra de réduire l’utilisation abusive desdites pilules par les jeunes filles.

Attention aux dangers qui guettent les jeunes filles scolarisées…

Selon le Ministère de l’enseignement secondaire, de 2016 à 2020, il a été enregistré 9369  de grossesses dans les établissements scolaires publics et privés. 2290 cas de grossesses enregistrés pour le compte de l’année 2019-2020 malgré la suspension des activités académiques due à la Covid-19. En effet, les grossesses en milieu scolaire constituent un fléau qui menace le système éducatif au Bénin. A en croire Maxime Agoua, représentant du Respesd, elles se présentent comme un problème d’ordre social et de ce fait, susceptible non seulement de constituer une entrave au développement, de freiner l’épanouissement, la scolarité et l’éducation des filles. Puisque, à en croire les statistique, une adolescente sur cinq (20%) a déjà commencé sa vie reproductive, 15% ont déjà eu une naissance vivante et 5% sont enceintes d’un premier enfant. De même, la proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge, passant de 2% à 15 ans, à 47% à 19 ans, âge auquel 38% des jeunes filles ont déjà eu une naissance vivante (EDSBV). Il urge donc que des dispositions soient prises à tous les niveaux afin  de dissuader les jeunes filles scolarisées de l’utilisation des pilules du lendemain.

Patrice ADJAHO

Il existe deux types de pilule du lendemain : Lévonorgestrel (Levonorgestrel Biogaran, NorLevo) : à prendre jusqu’à 72 heures (3 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé. L’ulipristal acétate (EllaOne) : à prendre jusqu’à 120 heures (5 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé. Le Lévonorgestrel est un progestatif de synthèse ayant un effet contraceptif par blocage de l’ovulation. Formule : C21H28O2 Masse molaire : 312,446 g/mol Point d’ébullition : 459,1 °C Source : Wikipédia
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