Wallis Zoumarou : L’homme qui crache l’eau et le feu

 Wallis Zoumarou : L’homme qui crache l’eau et le feu

Hier enfant prodige et vertueux, Abdoulaye Bio Tchané est aujourd’hui peint par son « frère » Wallis Zoumarou comme un homme égoïste et peu fréquentable. Pourtant, il y a de cela quelques années, il vantait les mérites de l’actuel premier Responsable du Bloc Républicain.

Alors qu’il se battait pour la candidature de ce dernier à l’élection présidentielle de 2011, une année plus tôt, il tentait de convaincre l’électorat des capacités managériales de ce dernier. « Je crois vraiment en lui… c’est un fils bien né de son père et de sa mère, de sa région où la trahison ne fait pas partie de nos vertus », disait-il de Abdoulaye Bio Tchané.

Douze années plus tard, ABT désormais ministre d’Etat, est devenu une autre personne, aux yeux du même Wallis Zoumarou. « C’est un homme fermé. C’est un homme qui ramène tout à lui. Ce n’est pas l’homme pour gérer un parti comme le nôtre en situation de crise », a-t-il déclaré à la presse le 1er mars dernier. Allant plus loin, il a affirmé avoir envoyé au président Patrice Talon un courrier pour se plaindre de la gestion du parti du Cheval Gagnant par ABT, l’un des deux partis crée pour soutenir le chef de l’Etat  et qui se partagent l’écrasante majorité des sièges de l’Assemblée nationale.

En toile de fond de cette fronde figure la lutte de positionnement pour les élections législatives que la Cour Constitutionnelle a fixées pour janvier 2023. Officiellement âgé de 80 ans, Wallis Zoumarou est un homme politique qui a connu tous les régimes et qui, par conséquent, appartient plus au passé qu’à l’avenir. Il a représenté Djougou et sa région au sein de plusieurs gouvernements et au Parlement. Et à ce jour, il semble n’être pas prêt à raccrocher au moment même où la jeune génération est pressée de monter aux affaires. Une génération qui est montée au créneau le mardi 26 octobre 2021 à Djougou lors d’une réunion que le vieux estime avoir été manipulée par le ministre Bio Tchané.

Face à cette situation faite de manœuvres qui pourraient avoir pour objectif d’enterrer le vieux vivant, ce dernier a sorti son arme secrète, celle qu’il a utilisée chaque fois qu’un président de la République ou un parti au pouvoir a tenté de l’écarter. En effet, Wallis Zoumarou a toujours su hausser la voix plus que ses adversaires.  Au temps de Yayi Boni, se sentant en mauvaise position, il a claqué les portes des FCBE pour rejoindre le G13. Mais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui a provoqué sa démission des FCBE, est que le chef de l’Etat Yayi Boni a refusé de le dédommager pour ses biens qui ont été saccagés en 1999 lors des évènements de Sèmèrè, son village natal. Parlant de cette triste affaire, il avait affirmé avoir le cœur léger parce que ce sont ses adversaires politiques qui ont tout provoqué en son temps.  

Et une fois de plus, sentant venir sa retraite politique, le député de la 13e circonscription électorale veut user de sa meilleure stratégie pour brouiller les cartes afin d’atteindre son objectif. Mais cette fois, les indices ne sont pas à sa faveur surtout que le Chef de l’Etat Patrice Talon n’aime pas des spectacles du genre.

Toutefois, si les maires Malick Gomina de Djougou, Ouolou Dramane de Ouaké et Tassou Zakari de Bassila l’ont rappelé à l’ordre en lui demandant d’avoir un peu de retenue dans ces agissements, le ministre Bio Tchané, premier responsable du Cheval Blanc Cabré a opté ne point réagir à toutes ces accusations. Comme l’a dit Victor Hugo «En littérature, je suis pour le grand contre le petit, et, en politique, je suis pour les petits contre les grands ». Et à Étienne de Jouy d’indiquer  que « La ruse avilit la politique, comme l’hypocrisie dégrade la religion ».

Damien TOLOMISSI

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