Violences faites aux filles : Le mal persiste toujours

 Violences faites aux filles : Le mal persiste toujours

Il n’est plus à démontrer que les enfants sont l’avenir des nations. Ils méritent à cet effet attention et soins. Mais entre les discours et les actes, le phénomène de la maltraitance de cette couche sensible de la société continue. Les chiffres liés aux abus de toutes sortes au Bénin sur mineurs sont effrayants.  En témoigne les appels de certaines organisations de la société civile intervenant dans la protection des enfants.

L’année 2022 a été particulièrement marquée par certaines scènes de maltraitance sur enfants. Il n’est plus import de rappeler certaines choses au risque de ramener dans les esprits des barbaries dignes d’une autre époque. Mais cela crève l’œil, le respect des droits des enfants n’est pas la chose la mieux partagée par tous.  Malheureusement, le mal s’est étendu dans toutes les régions du pays. A cela s’ajoutent les cas de grossesses de filles mineures. Selon le Système Intégré des Données relatives à la Famille, la Femme et l’Enfant Nouvelle Génération du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance, en 2020, 1510 cas de grossesses ont été enregistrées sur le plan national dont 672 victimes de violences sexuelles ; en 2021 : 623 cas de grossesses ont été enregistrées dont 543 victimes de violences sexuelles ; en 2022 (en cours) : 1572 cas de grossesses déjà pris en charge dont 599 victimes de violences sexuelles. En ce qui concerne la traite, de 2020 à 2022 ; 2150 victimes ont été enregistrées dont 1106 filles. Sur ce sombre tableau, les filles paient le plus lourd tribut. Dans le mois de novembre 2022 des enfants et jeunes des groupes organisés  ont dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Projet de Protection de l’Enfant à travers la Communication via les médias et le Plaidoyer, projet financé par UNICEF, lancé un appel.

La dénonciation, une solution ?

A priori oui ! C’est l’une des meilleures solutions pour ne serait-ce pour infléchir la tendance si elle ne peut enrayer totalement le fléau devenu une gangrène. La population hésite à dénoncer voire signaler ces cas. Si certains cas sont connus, c’est grâce aux informations glanées çà et là. Le signalement des cas reste donc un atout majeur dans la lutte contre la maltraitance et les abus contre les mineurs. Aujourd’hui tout citoyen peut se référer aux commissariats de son arrondissement, dans les Centres de Promotion Sociale, les comités de veille ou les relais communautaires. Il y a également les services des ONG de lutte contre les violences faites aux enfants, ou encore à travers la ligne d’assistance aux enfants. Oui ! Il y a une ligne verte pour dénoncer les cas d’abus. C’est le 138. Les appels sont gratuits. Ce qui est également important à noter, l’Etat a mis des mécanismes en place pour la confidentialité des personnes qui dénoncent les cas d’abus. Aujourd’hui il y aussi l’Institut national de la femme que dirige Claudine Prudencio qui est apte à se pencher sur les questions liées aux abus. Et cela est à saluer.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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