Sélection des candidats aux législatives de 2023: Le temps de tous les dangers

 Sélection des candidats aux législatives de 2023: Le temps de tous les dangers

Étape incontournable, la sélection des candidats aux élections législatives est un moment où tous les coups semblent permis au risque de faire en éclats la cohésion des partis politiques.

A deux mois des élections législatives de janvier 2023, ça chauffe dans les partis politiques. En cause : le positionnement des militants sur les listes électorales. Aussi bien au sein de la mouvance que dans l’opposition, les candidats potentiels sont en train de jouer des coudes pour écarter toute concurrence. Ce qui n’est pas facile tant il y a beaucoup de prétendants.

La réforme du système partisan a rebattu les cartes du jeu politique béninois. Le premier résultat de cette réforme est la diminution du nombre de partis. Mais, cela étant, le nombre d’acteurs n’a pas baissé. Ainsi, dans beaucoup de circonscriptions électorales, les cadres qui s’affrontaient aux législatives se retrouvent aujourd’hui dans un même parti, ce qui pose problème dans la mesure où il est impossible de positionner à la fois les deux sur une même liste. Un seul exemple est illustratif de cette situation. A Zè dans le département de l’Atlantique, deux gros acteurs se retrouvent à l’UP (Union Progressiste) alors que les deux évoluaient séparément et étaient des adversaires irréductibles.

Le même parti devra par ailleurs régler l’épineux problème du positionnement dans les circonscriptions électorales de l’Ouémé et du Plateau après la fusion avec le Prd. Ce dernier compte en son sein des acteurs capables à eux seuls de se faire élire dans leur bastion mais aujourd’hui, il leurs faudra parfois céder leur place aux militants de l’UP originel, ce qui ne se fera pas avec plaisir.

Au Bloc Républicain (BR), parti présidentiel comme l’UP-Le Renouveau, la tâche semble plus facile après la vague de démission qui a secoué le parti tout au long de cette année 2022. Mais rien n’est joué d’avance car, là également, d’anciens adversaires politiques se retrouvent pour la même cause.

Voyant le danger venir, ordre aurait été donné aux responsables de ces partis de ne pas positionner tout transhumant politique, car flairant la difficulté, certains responsables ont tôt fait de démissionner en faveur de l’un des deux partis de la mouvance présidentielle.

Si cela peut soulager, du côté de l’opposition, aucune directive n’a été donnée dans ce sens. Ainsi, à ce jour, nul ne sait quelle position il occupera sur la liste du parti Les Démocrates, ni même s’il sera candidat. Tous les prétendants sont présentement en train de constituer leurs dossiers tout en priant qu’une fois dans leur couvent, les faiseurs de candidats retiennent leurs noms.

Cette situation n’est certes pas nouvelle mais le risque d’implosion des partis est devenu plus grand avec le regroupement. Car, après la guerre de positionnement, ceux qui en sortiront frustrés pourraient bien choisir de ramer à contre-courant et donc de travailler pour les partis adverses quitte à rejoindre ces derniers après les élections.

Pierre MATCHOUDO

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