Procès Joël Aïvo : Le grand suspense

 Procès Joël Aïvo : Le grand suspense

Incarcéré depuis le 15 avril dernier, l’opposant béninois sera-t-il enfin libéré à l’issue de son procès qui commence ce jour lundi 6 décembre 2021 ?

Tous les regards sont tournés vers la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), une juridiction créée par le président Patrice Talon et qui, depuis, a vu défiler un grand nombre d’opposants au régime. Parmi ces derniers, Joël Aïvo, un professeur agrégé de droit constitutionnel bien connu sur la scène africaine et au-delà. Déclaré candidat à l’élection présidentielle d’avril dernier, il avait été arrêté dans le cadre de ce scrutin et accusé d’atteinte à la sécurité et de blanchiment de capitaux.

Son procès ouvert le 15 juillet à Porto-Novo avait été ajourné au grand dam de ses supporters. Procureur et avocats devront donc s’affronter en ce jour pour tenter chacun de faire valoir ses arguments. Les défenseurs du Professeur pour qui ce procès n’est rien d’autre qu’une manière de faire taire un opposant gênant, vont tenter d’obtenir à tout prix la libération de leur client en ce jour même. Du côté de ses supporters, des messages circulant sur les réseaux sociaux annoncent une libération qui interviendra à l’issue des débats de la journée. Mais dans la réalité, rien n’est certain. C’est donc le grand suspens.

Joël Aïvo avait été arrêté deux semaines après un autre membre influent de l’opposition à savoir Reckya Madougou. Ancienne ministre de la microfinance puis de la justice, Madougou avait été désignée candidate de  » Les Démocrates », le parti de l’ancien président Yayi Boni. Alors qu’elle rentrait d’un meeting en compagnie de Joël Aïvo et de Moïse Kérékou, leur véhicule avait été stoppé sur le pont de Porto-Novo. Ces derniers ont reçu l’ordre d’en sortir. Des policiers ont pris place à bord et emporté Reckya Madougou à Cotonou. Plus tard, le procureur l’a accusé de terrorisme. L’ouverture de son procès est prévue pour le 10 décembre prochain.

Au lendemain de l’élection présidentielle dernière, le président Talon a émis le souhait de pacifier le climat politique afin de se concentrer sur les tâches de développement. Y aura-t-il une remise des compteurs à zéro à l’issue de ces procès et de ceux des autres membres de l’opposition ? La question reste posée.

Pierre MATCHOUDO

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