Politique au Bénin: La mouvance se soude, l’opposition s’éclate

 Politique au Bénin: La mouvance se soude, l’opposition s’éclate

Au moment même où l’opposition est en train de s’émietter, les partisans du président Talon sont en train de resserrer leurs rangs, sans doute en prévision des prochaines batailles électorales.

« Qui veut aller loin ménage sa monture », dit un proverbe. A défaut de comprendre cette réalité, l’opposition béninoise risque de se mordre les doigts lors des prochaines consultations électorales. Samedi dernier, 16 octobre 2021, Théophile Yarou, l’ancien ministre de la défense du régime Yayi Boni et ancien secrétaire exécutif national des FCBE, a lancé sa propre formation politique. Cette initiative en apparence anodine tant le Bénin était habitué à une création régulière de partis, est pourtant symptomatique de ce qui pourrait se passer lors des prochaines élections municipales, législatives et présidentielles.

Premier parti du Bénin tant en nombre de députés que d’assise nationale il y a encore un peu plus de cinq ans, les FCBE ont commencé à se déchirer à la veille des dernières élections législatives. Son fondateur et ancien président Yayi Boni avait claqué la porte, arguant du fait que les dirigeants étaient de connivence avec le pouvoir. S’en est suivie la création du parti « Les Démocrates  » qui se compose de ses inconditionnels et d’une partie de l’opposition à son propre régime. Avec la création de La Nouvelle Alliance,  les FCBE semblent se vider de leur contenu sans pour autant que cela renforce les factions dissidentes.

D’un autre côté, la Renaissance du Bénin qui, jadis bénéficiait d’une assise confortable, est actuellement tenter de continuer à exister. Le départ en exil de son président, Léhady Soglo et le décès de sa fondatrice empêchent toute tentative de réorganisation.

Pendant ce temps, pour leur part, les partisans du président Talon sont en train de serrer leurs rangs. C’est ainsi que l’UDBN, parti de Claudine Prudencio, a annoncé sa fusion avec le Bloc Républicain. Même si ce n’est pas le cas pour le moment pour MOELE-Bénin, un parti qui soutenait déjà le chef de l’Etat tout en affirmant son identité et le PRD du Me Adrien Houngbédji, une grande formation politique qui avait presque toujours fait cavalier seul depuis la Conférence nationale, tout est encore possible dans les années à venir.

Si toutes ces fusions, vœu du président Patrice Talon se réalisent avec succès, ce sera un coup de maître qu’aura réussi le président Talon. Les prochaines élections sont encore loin, mais cette unité permettra de conquérir les postes électifs en rangs serrés, contrairement à l’opposition qui est en train de se fissurer. Cela d’autant que rien ne permet d’envisager une réconciliation de cette opposition. Après avoir géré le pouvoir d’Etat durant dix ans, les FCBE n’arrivent pas à gérer leur passage de l’autre côté tant les intérêts personnels divergent. Les rancœurs et les égos sont si forts qu’il est difficile d’envisager, à terme, que ces frères ennemis se retrouvent de nouveau dans un même creuset. 

Cela ne fera que l’affaire du président Talon qui, avec le temps, a de plus en plus d’arguments électoraux à faire valoir. Il est bien vrai que l’inflation est à des niveaux inédits, mais les infrastructures réalisées notamment dans les villes méridionales comme Cotonou, Porto-Novo, Ouidah, Abomey et dans d’autres contrées du pays sont suffisants pour convaincre de plus en plus d’électeurs. Si cet effort de doter le pays d’infrastructures notamment routières se généralise à tout le pays, les FCBE et leurs satellites, affaiblis par leur désunion, n’auront que des regrets face aux scores minables dont ils contribuent à la réalisation.

Pierre MATCHOUDO

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